16ème Jour - Vendredi 30 avril - Bloqué frontière Turque

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English corner

Friday April 30th. Istanbul

From “Obitcham Te” to “Sizi Seveyorum” for ALL caravaners ;
We are welcomed by TEGV, a volunteers association which carries out social education workshops for children aged 7 to 16. 300 children attended nice and warm atmosphere at some point the noisy kids are ask by Marc to understand that “the respect relies on silence The world goes through so much troubles these days since human beings to not listen to each other”
While carrying on with our concerts, we are still pretty concerned by our fellows who remain stuck between Bulgaria and Turkey. Suddenly, we received the call that we’ve been expecting for the past two days : our buses and caravaners have been allowed to enter the country and...
thus to shift from “Obitcham Te” to “Sizi Seveyorum”.

 

16ème jour - Vendredi 30 avril

Bloqués à la frontière Turque

18h - Enfin libérés
21h Istanbul

Dans le no man's land bulgaro-turque, les caravaniers attendent le règlement des démarches administratives

 

 

Les caravaniers s'occupent , préparent le repas

trouve une grande table dans la salle à manger

font la vaisselle dans la cuisine high-tech

 

pendant que d'autres vont faire la lessive dans la buanderie

Et la Caravane passe...

Quand on partait de bon matin.


Pendant notre longue attente dans le no man’s land de la frontière Bulgaro-Turque, nous avons fait aussi de belles rencontres. Comme celle de ces deux jeunes français, Marie 25 ans et Jean-Marc 28 ans. Mariés en octobre 2009, ils sont partis le 1er mars de Paris pour un tour du monde à vélo qui les mènera jusqu’au Japon. Quand ? Aux environs de juin 2011 selon les prévisions de Jean-Marc, licencié économique fin 2009.
Sans ordinateur ni téléphone, mais avec leur chapeau de scout sur la tête et un drapeau tricolore planté à l’arrière d’un des deux vélos, ils sont passés par Strasbourg, Budapest et Bucarest. En Bulgarie, u bus les a conduit à 3km de la frontière turque où ils ont partagé avec les caravaniers une assiette de haricots et un café.
L’idée de ce périple leur a été inspirée par un livre « le tour du monde à vélo ».
«C’est un autre couple qui l’a écrit », raconte Jean-Marc « ils sont partis en 1981 et ne sont rentrés que 14 ans plus tard. Entre temps ils avaient donné naissance à une petite fille. Mais nous n’envisageons pas de partir aussi longtemps parce que nous avons envie d’une maison et d’avoir des enfants ».
Avant d’atteindre le Japon, ils seront passés par Istanbul, l’Arménie, auront suivis la route de la soie, visiter le Taj Mahal et Mysone en Inde. « Une fois au Japon », explique Jean-Marc, « on comptera nos sous, on évaluera la casse et notre motivation. Et si tout va bine, on continuera. Marie rêve de voir le Machupichu au Pérou et moi le parc de Yellowstone aux Etats Unis ».
En découvrant le parcours de la Caravane amoureuse, Jean-Marc s’est immédiatement senti en phase avec ses motivations « ça me surprend agréablement de voir que des gens n’ont pas peur de ce qu’il y a un peu plus loin que chez eux. Notre famille, nos amis s’inquiétaient pour nous dès que nous ne serions plus en territoire connu ». Marie est du même avis « tout peut nous arriver » résume t-elle avec un grand sourire.
Un dernier au revoir et puis, le chapeau de scout sur la tête, Marie et Jean-Marc ont repris la direction d’Istanbul. A bicyclette.

Hervé

L'attente est l'occasion de magnifiques rencontres

 

 

avec Marie et Jean-Marc en voyage de noces

faisant le tour du monde à vélo pendant deux ans

ils peuvent passer la frontière, mais choisissent de partager un temps avec nous

 

 

Aurèle, un artiste de passage, caresse Caribou de son pinceau. Il n'a pas le temps de finir, son bus repart.
Peut-être nous rejoindra-t-il lors d'une de nos étapes en Turquie, l'occasion de se revoir et de finir son oeuvre

Instantané

Une mosquée juste derrière la frontière turque, accessible à pied

 

Vole, vole, petite corneille

12h15, ce vendredi, dans ce noman's land de la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Attente. Questions. Questions sans réponses. Attente encore. Bloqués ici depuis la veille pour un papier manquant, nos bus seront-ils autorisés à franchir cet écueil administratif ? Et puis, de l'autre côté de la frontière, cette mosquée et ses minarets blancs qui attirent irrésistiblement le regard. Quelques hectomètres à marcher, le passeport en poche. Le douanier est souriant et l'on passe comme une lettre à la poste. Le sol turc se déroule enfin sous nos pieds. La mosquée Fatih Sultan Mehmet Camii est toute proche, imposante. Bientôt retenti le chant du muezzin. A l'entrée de la mosquée, une femme d'un âge avancé, la tête couverte d'un foulard indigo, demande une obole et nous invite à quitter nos souliers.
La mosquée vide est étonnamment silencieuse. Dominante de bleu et d'orange sur les céramiques des murs. Sentiment de paix et de sécurité. Douceur du tapis sous les pieds. Un bruissement d'ailes trouble le silence : une corneille s'est laissée piéger dans le lieu saint. Sans doute trouvera-t-elle le chemin de la sortie pour s'en aller voler où bon lui semblera sans avoir à présenter le moindre papier.
Là bas de l'autre côté du poste de douane, trois bus et leurs Caravaniers attendent eux aussi de retrouver la liberté.
Hervé

 

Prière sans frontières

Un jour des chants de prière profonds dans une église orthodoxe aux mille icônes, le lendemain dans une mosquée aux bleues mosaïques s'élève le chant du muezzin… Partout le même sentiment d'unité, de communion dans un même divin quel que soit l'écrin.
Isabelle

 

Aux frontières du surréalisme

Le moins que l'on puisse dire est que le passage de la frontière entre la Bulgarie et la Turquie a été long et mouvementé pour la Caravane amoureuse. Résumé de nos péripéties douanières.

Tout commence le soir du 28 avril, après avoir fait payer 15 euros de visa aux caravniers belges et suisses, les douaniers turcs ne laissent passer que les fourgons de Marc avec son piano et de nos cinéastes, mais exige aussi des visas pour les chauffeurs de nos trois bus, nous obligeant à rebrousser chemin vers la Bulgarie. Les visas seront obtenus le lendemain en fin d'après-midi.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Le 29 au soir, nous découvrons qu'une autre pièce manque, pour les bus cette fois : le fameux "triptyque" délivré par le Ministère des transports turcs. La quasi totalité des caravaniers passera donc la nuit dans ce No Man's land de la frontière Bulgaro-turque. Une expérience... rare dont ils se seraient toutefois volontiers passés.
La journée du 30 avril s'écoulera lentement de contrôle de papier en contrôle de papier, de la part de douaniers souvent zélés jusqu'à l'outrance. "On avait affaire à des douaniers fermés qui ne nous donnaient aucune explication", raconte Luis l'un des trois chauffeurs. " Le summum a été atteint avec ceux de la brigade des stupéfiants qui ont procédé plusieurs fois au même contrôle de papiers. On nageait parfois dans une incohérence totale"
Pendant ce temps les Caravaniers patientaient dans la bonne humeur en vacquant à leurs occupations : dessin, lessive, visite de la mosquée...
Et puis peu avant 18h miracle ! Alors que les caravaniers redoutent de passer une autre nuit au poste frontière, le feu vert nous est donné. "On est restés paralysés, poursuit Luis, on se demandait si on avait bien compris. C'était une situation proprement surréaliste."

En cette veille de 1er mai, la Caravane amoureuse pénétrait enfin en Turquie après deux jours tristement mémorables.

Depuis, le formidable accueil reçu à Istanbul a fait oublié aux Caravaniers l'essentiel de ces péripéties.

Hervé

Poste frontière

Ces deux jours bloqués au poste frontière turque ont ébranlé sérieusement le moral de certains de nos caravaniers. Les feed back des chauffeurs quant à l'attitude de certains douaniers m'interrogent. La monnaie non rendue sur un paiement de visa, paraît-il supplémentaire, des ordres contradictoires coup sur coup, exprimés de façon autoritaire voire agressive, des nouvelles demandes à chaque passage, un tryptique pour les bus, puis le document interbus, une dérogation du ministère des transports, etc. Alors qu'ils auraient pu tout dire dès le premier passage. Un abus de pouvoir évident engendrant arrogance et harcèlement, contrôle répétés des passeports, de la drogue, passage au rayon X, etc… Les lignes que j'écris sont motivées par un désir d'améliorer les choses et non de dénoncer ou condamner quoi que ce soit ou qui que ce soit. Cette attitude irrespectueuse pour ne pas dire violente n'est pas l'attribut d'un peuple ou de personnes en particulier, on la retrouve partout et dans bien d'autres postes frontières. L'uniforme rend parfois l'homme imbu. Un tel comportement dénoncé tant de fois dans l'histoire à la télévision, au cinéma, dans les livres se retrouve dans ces lieux étranges, expressions de la paranoïa humaine. Je n'espère qu'une seule chose, c'est que ces lignes seront lues et transmises à des responsables militaires et politiques. Le monde a besoin de douceur, de bienveillance. Traverser une frontière n'est jamais simple, voilà pourquoi il me semble qu'il est important de former tout le personnel douanier à l'empathie, l'écoute, l'humanité , curieusement, tout cela ça s'enseigne aussi. Sur un autre plan, ces deux jours de no man's land ne sont évidemment pas un hasard pour les caravaniers. Ils sont une mise à l'épreuve de leur patience, de leur confiance en la vie, de leur bienveillance entre eux et envers les douaniers et de leur foi dans la suite de cette aventure. Ils sont aussi et surtout l'occasion d'un énorme lâcher prise, d'un accueil sans pareil de la situation et de ce qu'il advient quoi qu'il advienne… Alors, nous ne pouvons avoir qu'un seul mot pour ce que nous envoie la vie : merci.

Marc Vella et Cathy Masseus

Et pendant ce temps là en Turquie

 

Caravella et Cinéastes

Nous reprenons la route et arrivons vers 10 heures à Istanbul au lieu de rendez-vous, Miniatürk, fixé par notre lieutenant d'amour local : Sirin. C'est une jeune femme turque approchant la trentaine, l'air fragile, étudiante studieuse, un peu timide qui la rend profondément touchante. Tout ce voyage, c'est elle qui l'a provoqué. En 2008, à la fin de la Caravane amoureuse sur la France, Suisse, Belgique, elle est venue nous voir, ma compagne et moi, à la maison.

  • J'ai suivi votre histoire sur Internet et j'ai trouvé ça génial. Je suis étudiante en culture et tourisme et j'aimerais beaucoup que vous veniez dans mon pays en Turquie, faire une Caravane amoureuse.
  • Pourquoi pas, fis-je enthousiaste. Je ne connais pas du tout cette contrée. Alors c'est d'accord, nous irons dans deux ans envahir ton pays avec plein d'amour.

Voilà comment est partie l'idée de cette Caravane pour le Liban…

De "Obitcham te" à "Sizi Seveyorum" pour TOUS les caravaniers.

Nous sommes reçus par l'association TEGV, une association de bénévoles qui animent des ateliers parascolaires en éducation sociale pour des enfants de 7 à 16 ans. 300 enfants s'installent sur les gradins face au piano dans une joyeuse cacophonie. François jongle devant eux et avec humour utilise leurs ballons de football et de basket, déclenchant rires et applaudissements. Le bruit ne s'arrêtant pas Marc leur adresse alors le message suivant : "Les enfants, le silence est ce qu'il y a de plus iumportant. Il est synonyme de respect et si le monde va mal c'est justement parce que les hommes ne s'écoutent pas."
Tout en honorant nos rendez-vous nous restons très préoccupés par la situation des caravaniers à la frontière. Les contacts téléphoniques rythment notre programme. Tant de gens conbcernés nous aident : Ozlem Gul à l'ambassade d'Ankara, Philippe Etienne représentant permanent de la France auprès de l'Union Européenne, Yalçin Bulut vice-préfet de la Région d'Istanbul, Bernard Emie Ambassadeur de France à Ankara. Nous leur adressons toute notre profonde gratitude.
C'est en rangeant le piano que nous recevons l'appel téléphonique tant espéré. Ca y est ! Les trois bus et les caravaniers ont enfin eu l'autorisation dse rentrer en Turquie après 2 jours d'attente dans le No Man's land entre la Bulgarie et la Turquie.
Ils vont enfin eux aussi passer du "Obitcham te" à "Sizi Seveyorum" ("je t'aime" en bulgare et en turc).

Nathalie