10ème Jour - Samedi 24 Avril - Berkovitsa (Bulgarie)

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10ème Jour -Samedi 24 avril Berkovitsa (Bulgaria)

- 12 h concert sur la place centrale de Berkovitsa

15h visite du monastère de Klisyrski

 

Jour de mariage à Berkovitsa (Bulgaria)

Résumé de la journée :

Nous sommes installés à Berkovitsa depuis la veille. Concert improvisé de Marc le matin, sur la place principale. Moment de partage intense avec les habitants. Après le repas, visite du monastère de Klisyrski.

Le jour se lève sans que nous puissions distinguer les montagnes alentour qui demeurent emmitouflées dans la brume. C'est un printemps pluvieux.

Petit déjeuner à 9 h. Une mamie bulgare promène son basset et vient nous offrir un bouquet de jeunes tulipes. Nous sommes touchés de cette délicate attention.

Puis, nous nous dirigeons vers la place principale de Berkovitsa avec le piano pour un concert improvisé à destination d'un public qui n'existe pas encore. Qui ne nous attend pas.

Chemin faisant, nous croisons dans la rue des Bulgares qui nous arrêtent, nous parlent longuement, malgré la soi-disant « barrière » de la langue.

J'observe les dallages branlants des rues, des trottoirs, les bâtiments décrépis. Ces marques omniprésentes du passé constituent les restes de l'époque soviétique. Au milieu de cet urbanisme aux couleurs ternes, un édifice flambant neuf s'impose dans le paysage. C'est un hôpital. Le drapeau bulgare et celui de l'Union européenne sont hissés sur un poteau, au-dessus de l'entrée.

 

Nous arrivons sur la place prévue pour le concert et commençons à discuter avec les habitants, en bulgare, en anglais, en français, avec les mains... L'essentiel est d'être en contact. Tisser le lien.

 

 

 

Assise sur un banc, une mamie au débit intarissable finit par se mettre à pleurer. Elle est triste et fatiguée de cette vie qu'elle estime trop dure. Pas de lassitude dans ses gestes, mais de la révolte, signe d'un profond sentiment d'injustice. Cette femme en pleurs reçoit une vague de tendresse des caravaniers.

Le concert a commencé. Quelques enfants s'approchent d'abord timidement du piano. Les adultes écoutent, mais gardent leurs distances.

Cette place étant celle de la mairie, nous sommes surpris par un couple de jeunes mariés qui descend les marches, accompagné de ses invités. Marc les accueille au son de son piano et leur offre un sourire. Cette proximité entre le piano et le jeune couple de Bulgares incite le reste des habitants à s'approcher plus.

Quelques caravaniers se mêlent aux habitants, le temps d'une danse. Charlou entame une danse endiablée avec la mamie au bouquet de tulipes. Elle s'appelle Marieta Ivanova.

 

 

Pendant ce temps, Stéphanie, la réalisatrice cinéma, demande à une Bulgare assise sur un banc si elle peut la photographier.

 

Le visage de cette femme, déjà entourée des bras bienveillants de Monique, s'illumine : elle est bien sûr d'accord, et même heureuse d'être le centre de toutes nos attentions. Stéphanie, touchée, pleure de joie. Les deux femmes se font des baise-main en se remerciant mutuellement de cet instant d'humanité partagée.

Marieta est notre invitée pour le repas de midi. Nous aimons cette hospitalité réciproque, accueillir les habitants des pays traversés « chez eux chez nous ». Déplacer lentement les frontières, brouiller les pistes, mais toujours en douceur.

Après le repas, nous partons visiter le monastère de Klisyrski. L'église orthodoxe, avec ses fresques, ses dorures, ses encensoirs, et ses icônes byzantines, contraste avec le dénuement relatif des églises chez nous.

Dessin de Michel

 

Pour la seconde fois de la journée, les circonstances nous invitent à assister à un mariage, religieux cette fois. Témoins discrets d'une intimité familiale, nous demeurons à l'entrée de l'église, à regarder et à écouter le chant du prêtre. Nous accueillons leurs sourires. Une des femmes de l'assistance nous reconnaît. Elle travaille à l'orphelinat où nous avons passé l'après-midi hier ! Elle est fière de nous présenter sa fille et ses deux petites filles, qui sont les demoiselles d'honneur du mariage. La fin du mariage et une bonne averse nous font rejoindre Caribou. Encore une riche journée qui s'achève.

Céline Isoird

 

Belota !!

En rentrant boire un verre dans le bistrot du coin, je m’aperçois que plusieurs hommes jouent aux cartes. J’observe un moment et m’assieds à côté d'eux lorsque je perçois à travers leur conversation bulgare un mot bien connu à mes oreilles : belota …
A peu de choses près, nous avons les mêmes règles : ils pratiquent une belote tout atout, avec annonce. La différence réside dans le choix de l’atout : aucune carte n’est retournée, chacun peut annoncer à son tour une couleur, puis surenchérir avec un « sans atout » puis un « tout atout ».
Deux heures et demie et six parties plus tard, nous nous séparons heureux d’avoir joué ensemble.


François