9ème Jour - Vendredi 23 Avril - Pirot (Serbie) à Berkovitca (Bulgarie)

argaiv1828

Journée du Vendredi 23 avril

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Friday April 23th

From Pirot (Serbia) to Berkovitca (Bulgaria)

Improvisation in Berkovica orphanage :

We are warmly welcome by both children and nurses " we are all orphan when we are outside love, when we are sad, but when we worked, we are not any more orphan"

said Mark to the children, before playing piano.
Piano, guitare, flutes, tambourines, accordions, clarinett echoed in the playground.
A little bit further, skipping rope, football, farandolles, dances...
sharing a spark of fraternity.

Et la Caravane passe…

Les caravaniers dorment, le convoi se met en route de Pirot en Serbie. 6 h : entrée en Bulgarie .
Une large boucle vers l’est nous conduit à  Berkovitsa (261 km). Au passage clin d’œil vers Sofia sur fond de montagnes enneigées : 2850m.
Kiril  Grigorov nous amène à l’orphelinat de Luba Teneva : 50 enfants (23filles et 27 garçons de 7 à 18 ans, scolarisés en ville).
Marc : « Sont orphelins ceux qui ont de la tristesse et de la colère dans leur cœur. Un sentiment de solitude les étreint.
Il y a beaucoup d’orphelins de par le monde, mais  quand on donne de l’amour aux autres  et au monde, on n’est plus jamais orphelin ».
Les caravaniers donnent et reçoivent.
Marc  explique l’importance du silence dans la musique. Il invite une jeune fille à venir improviser au piano avec lui et lui demande d’écouter à la fois les sons et le silence.
Maya, 12 ans,  intègre parfaitement la leçon et nous a ravis et fascinés : elle n’avait jamais approché un piano.
Alain, Charles, Pablo et Yves ont animé rondes et danses, Isabelle a fait le clown et chacun a participé à la fête.
Après un début timide nous avons été touchés par la gentillesse et la spontanéité des pensionnaires de  cette maison.

Pierre et Christine

Un après-midi à l’orphelinat

De leur passage dans l’orphelinat de Berkovitsa, les Caravaniers ont gardé un souvenir où l’émotion conservera la place dominante. Quelques-uns d’entre eux témoignent.
Vincent conservera le souvenir du regard des enfants et de leur sourire : « Ces orphelins ont dans les yeux quelque chose de très expressif, de très vivant. Malgré leur situation difficile, il y a quelque chose qui pétille en eux. Et nous les Caravaniers, nous sommes venus, en toute humilité, pour entretenir ça ».
Le Belge évoque ensuite un échange qu’il a eu avec un des adolescents présents dans l’établissement. « Il m’a beaucoup parlé de ce qu’il aimait faire, c’est-à-dire de la musculation ou des sports de combat . Et puis, à un moment, il m’a désigné un autre adolescent en me précisant qu’il était gay. Je lui ai expliqué que ça n’avait rien de répréhensible, d’autant plus qu’il s’entendait bien avec ce garçon. Une fille s’est mise à renchérir pour moi, a apporté un peu de féminité dans la conversation. Du coup, ce garçon n’était plus aussi cassant qu’un peu plus tôt ».
Ces enfants et adolescents, Charlou, le Toulousain, les a, lui, trouvés à la fois « craquants », « respectueux par l’amour qu’ils peuvent te donner », mais aussi «  assez dans la joie, malgré leur condition d’orphelin ». Charlou avoue : «  J’en aurais volontiers ramené certains en France. En tout cas, ça m’a replongé dans le désir de créer un centre d’accueil pour enfants.  Cette visite m’a donné envie de leur donner leur chance de sortir de cette condition. J’ai aussi ressenti le besoin de m’amuser avec eux, tant ils étaient touchants dans leur spontanéité. J’ai sauté à la corde avec eux. Je suis en quelque sorte retombé en enfance ».

Pour Alain, clarinettiste, le moment le plus fort a été celui-ci : «  Un enfant a pris un accordéon et on a essayé de jouer ensemble. Il y a eu un instant où les sons se sont vraiment mariés. J’ai senti cet enfant habité de ce besoin d’harmonie. Pendant qu’on jouait, il me regardait pour qu’on soit ensemble. La base de l’amour, n’est-ce pas justement l’harmonie ? Ce besoin, je le voyais dans leurs  regards, dans leur façon de nous prendre dans leurs bras »

Le petit clown en porcelaine de Gwendoline

Gwendoline, l’une des plus jeunes Caravanières, a elle aussi vécu une belle expérience :
« J’ai trouvé que les enfants étaient en grand manque d’affection, en particulier un petit garçon de huit ou dix ans. Il se jetait dans les bras de tous les caravaniers et me suivait partout en me tenant la main. Lorsque tout le monde s’est mis à danser, je ne l’ai plus vu. Puis il est revenu avec un petit clown en porcelaine et me l’a donné, j’ai refusé mais il a insisté et a ouvert mon sac pour le mettre dedans… »


Quant au mot de la fin, c’est à Marc qu’il revient :
« Tous les gamins de cet orphelinat ont entendu qu’être orphelin, c’est quand tu es dans la tristesse et le non-amour. Quand tu t’ouvres au nom de l’amour, tu n’es plus orphelin »

Impressions collectées par Claire et Hervé

Pas de liberté sans amour

Stéphanie, la cinéaste de la Caravane, qui a, avec Cyrille, interviewé Petia Genova (relations publiques à la mairie) et Kyril Grigorov, entrepreneur, qui nous ont été d’un précieux secours pendant notre séjour à Berkovitsa, résume la teneur de son entretien : «  Ils m’ont dit que pour eux, la Caravane amoureuse constituait une excellente initiative.
Un très beau projet humain aussi, et qu’ils le soutenaient à fond. A leurs yeux, l’amour et la liberté sont les choses les plus importantes, que ce soit en Bulgarie ou ailleurs. Quant au futur, Petia et Kyril se sont montrés optimistes. Leur certitude et qu’on ne peut pas aimer sans être libre, mais aussi qu’on ne peut pas être libre sans aimer »

 

Parlez-moi d’Amour

Le Caravamoureux du jour : Michel habite simultanément à Montpellier et à Montreux, en Suisse. La cinquantaine fleurie, il a pas mal bourlingué dans le monde de l’entreprise avant de se découvrir une vocation de thérapeute (dans l’étymologie de celui qui soulage la souffrance, en l’occurrence la souffrance de ceux qui sont dans le mal-être, enfermés dans des cages qu’ils ont ou qu’on leur a construites).En entreprise, Michel a, comme ingénieur et économiste, travaillé aux Etats-Unis sur des projets tels que la consolidation des digues du Mississipi, le renforcement des fondations d’une centrale nucléaire, avant d’être successivement directeur de menuiserie, puis responsable dans une grande banque de services tels que micro-informatique, bâtiment, crédit.
Un jour de fin de siècle, Michel a réalisé que le virage pris par l’économie l’éloignait de ses valeurs humanistes, il est parti sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, a démissionné d’un poste bien rémunéré pour lui préférer la liberté. Depuis, il se consacre aux autres, sans s’oublier.
Michel contribue à notre journal par ses textes et aquarelles.

- Ce qu’on a fait de plus beau par amour pour toi…
- M’encourager à partir pour la Caravane amoureuse, malgré la douleur d’une longue séparation.
- Ce que tu as fait de plus beau par amour…
- Mes enfants
- Quel est pour toi le symbole de l’amour ?
- Va ! Sois toi-même !
- Une phrase que tu cites volontiers
- « Seul ce que nous aurons donné ne nous sera pas repris » (Jean-Yves Leloup)
- Ce qui t’a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse…
- Ma soif intarissable d‘aventure, de beauté, de rencontres profondes, de lumière, de sens, de musique, de danse, de joie…