8ème Jour - Jeudi 22 Avril - Podujevo (Kosovo) à Pirot (Serbie)

argaiv1828

 

- 8ème jour - Journal du jeudi 22 avril

 

English corner

Friday April 22nd
From Podujevo (Kosovo) to Pirot (Serbia)
Marc’s piano installed on the Square of the city hall.
Music gives a soul to our hearts. Sharing with Kosovar, Imagine...

 

Jeudi 22 avril – Kosovo / Serbie

Mirëdita ! (bonjour)
Ce matin c’est l’effervescence sur la place de PODUJEVA, très ensoleillée.
Au son de l’accordéon de Charlou, les personnes de tous âges affluent de partout pendant que Marc installe son piano. Les sons magiques s’élèvent avec émotion au milieu d’une foule de plus en plus grandissante...

Poussé par ses amis, Mida, le visage baigné de lumière, se met à chanter.

 

 

La matinée se rythme par des rencontres aussi riches que variées.

Guy propose ses pinceaux pour continuer la décoration de Caribou, Gwendoline peint perchée sur une table, de nombreux jeunes se prennent au jeu de magnifiques dessins ou simples signatures.


Ils ne comprennent pas pourquoi la Serbie apparaît dans notre parcours, les souffrances et blessures de la guerre sont encore très vives... Nous leur expliquons que partout il y a de belles personnes.

 

Ici on parle en espagnol, là on discute en allemand, un peu plus loin les enfants, la mine réjouie, énoncent en anglais leur nom, leur âge. Ils veulent savoir pourquoi nous sommes là, si on aime le Kosovo.

Quelques témoignages :
- « Faleminderit (merci) d’être venus pour l’échange. Après la guerre tout est à refaire, nous aimerions changer l’image que l’on peut avoir de nous, nous avons besoin de montrer notre humanité »
- « Faleminderit, notre peuple a bien mérité ça »

ça y est, on y est ! La Caravane amoureuse, c’est vraiment maintenant !

Avant de nous quitter les enfants nous prêtent leur stylo, ils recueillent nos signatures, nos petits dessins, nous donnent les leurs. Echanges d’adresses mails, ils veulent garder le contact.
Monique qui vit sa quatrième caravane ne se souvient pas avoir vu une telle intensité avec autant de monde et une telle demande...

Quel beau cadeau d’humanité !

Ditënemire ! (au revoir)

Claire

Essayage de costumes traditionnels avec notre guide professeur de français

Echanges de signatures et d'adresses mails

Kosovare et Albana

Des rencontres, des regards, des partages…
Deux jeunes filles. Elles se ressemblent dans leur beauté profonde. Elles se présentent d’ailleurs, « amies comme des sœurs ». Elles se nomment… Kosovare et Albana ! Amitié fraternelle entre les êtres, leurs prénoms symbole d’amitié entre contrées.

Sur un carnet, Kosovare m’écrit « I wish you a long long life”. Quelle conscience faut-il qu’elle ait déjà, à son âge, de la fragilité de la vie pour souhaiter, comme témoignage d’amour, une longue vie ?

Isabelle

FRONTIERES

Aquarelle de Michel - Frontière Serbie-Kosovo

Incursion imprévue au Kosovo. Arrivée à la frontière. Barbelés, miradors et empilements de sacs de sable, le décor est planté. Un air de déjà vu, de grande guerre, de petite guerre, un air de guerre quoi. Serbie, Kosovo, les bombes, c’était presque hier.
La frontière, protection indispensable quand le danger est proche, barrière insupportable quand elle nous coupe de l’autre, de l’ami, de celui qui a soif de rencontre. La frontière, symbole ambivalent.


Notre vocation de caravanier est de faire sauter les frontières de la haine, de l’indifférence, de la différence. Notre vocation de caravanier est aussi de respecter celui qui pose sa limite, de le respecter avec toute la délicatesse du monde. Nous-mêmes posons nos propres frontières, autour de nos bus. Et quand nous oublions de le faire, ou quand nous le faisons mal, nous en subissons les conséquences. Un moment d’inattention, une vitre est fracturée, une caméra de cinéma disparaît. Consternation.

 


Au poste de police, Hubert sympathise avec les policiers. Le premier lui confie qu’il a été arrêté et torturé, deux fois. Après il est devenu policier. Un autre lui parle de la guerre. Un  jour des hommes sont arrivés, l’on fait sortir de chez lui et ont détruit sa maison au lance-flammes. Sa joie est d’être en vie.
Devant ces témoignages, que faire d’autre que nous incliner et nous relier à eux avec quelques notes de musique et notre regard bienveillant et aimant. Et prendre conscience de la relativité de notre drame. Un battement d’aile de papillon dont nous espérons qu’il va s’amplifier en un souffle apaisant.

 

Michel

Parlez-moi d’Amour

La Caravamoureuse du jour : Marie-Jo, 55 ans.
Elle habite Charmey, près de Gruyère (Suisse). Elle a deux fils. Elle est décoratrice de métier et se passionne pour la peinture.

- Ce qu’on a fait de plus beau par amour pour toi …
- La mère Terre qui m’a accueilli dans sa matrice en me nourrissant et en me permettant de vivre mon chemin, ainsi que le Ciel qui prend soin de moi, en guidant mes pas.

- Ce que tu as fait de plus beau par amour...
-  Etre une Terre et une Mère pour mes enfants, les accueillir pour leur chemin. C’est le don de soi, l’Amour inconditionnel que j’ai pour eux et le prolongement d’amour et de participation pour l’humanité en devenir.

- Quel est pour toi le symbole de l’Amour ?
- L’Amour, c’est ce sentiment de grandeur que je ressens dans mon cœur, qui m’ouvre à l’immense et qui me fait ressentir que je suis dans ce Tout.

- Une phrase, une citation que tu aimes tout particulièrement…
- « Aime la vie, aime, comme si tu devais mourir demain… » (Michel Fugain)

- Qu’est-ce qui t’a donné envie de te joindre à la Caravane Amoureuse ?
- Quand j’ai entendu Marc Vella, cette phrase s’est imposée à moi : « Si tu ne le fais pas, qui va le faire à ta place ? »