7ème Jour -Mercredi 21 avril 2010 - Kolari (Serbie) à Podujevo (Kosovo) via Merdare (frontière Serbo Kosovo)

argaiv1828

Serbie / Kosovo

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From Kolari(Serbia) to Podujevo (Kosovo) via Merdare (Serbian Kosovo boarder)
Our angels were on the road waiting for us. They guided us to an inn where the owners wre ready to open doors, bottles and hearts.

Nearby two Kosovar people talking german, took us to their native town : Podujevo. After lining up two hours at the serbo-kosovo boarder, our six vehicles arrived in the town.

Local people attracted by the music joined us for playing, dancing, sharing...

 

Là où l’Histoire nous fait changer d’itinéraire
Réveil en Serbie rurale, à côté de la maison de Dayna, femme mûre au visage buriné, entourée de ses poules et ses chiens. On lève le camp, direction la Bulgarie. La route longe de nombreux petits cimetières avec des tombes récentes. L’Histoire douloureuse de ce pays est encore fraîche dans le paysage et dans les mémoires. Proposition de rendre hommage aux victimes à Pristina, unanimement adoptée. Cap sur le Kosovo !

Là où on croit être dans un film d’Emir Kusturiça
Etape pour midi, arrêt sur un vague parking, à côté d’une maison qui s’avère être une taverne, un homme mûr, au visage rond, cheveux blanc et moustache, sort sur le pas de la porte. En quelques minutes, le vent des Balkans souffle … Notre nouvel ami fait tourner une belle bouteille de schnaps, l’accordéon emporte les caravaniers dans une ronde dansante et sa femme entonne des chants serbes et nous montre quelques pas de danse. Nos sourires sont communicatifs, car point d’autre langue commune que celle du cœur avec ce couple. Dans la taverne, trois hommes seulement. Une conversation s’engage avec l’un d’eux, Skender, qui parle allemand. Il a perdu son frère en Serbie pendant la guerre. Nous comprendrons assez vite que chacun, chacune a perdu un frère, une sœur. Nous leur expliquons ce qu’est la caravane, trop de souffrance a meurtri ce pays, une invasion amoureuse est désormais nécessaire … ils ont les larmes aux yeux et reviendront nous aider plus tard pour le passage de la frontière vers le Kosovo.

Là où le Kosovo nous ouvre la voie du profondément humain
Arrivée à proximité de la frontière, file de camions. Sortie du territoire serbe sans encombre. Ca se complique pour l’entrée au Kosovo, règlement d’une assurance obligatoire un peu salée, les formalités prennent du temps pour 6 véhicules … par contre, des sourires et de vrais regards au milieu de ces miradors. Il nous aura fallu 2 heures pour passer, sous l’averse et quelques éclairs. Le soleil presque couchant nous accueille et nous décidons de nous arrêter à Podujevo, ville de notre guide, à quelques kilomètres de la frontière.

Arrivée remarquée, des sourires jusqu’aux oreilles, rapidement un comité d’accueil composé essentiellement d’enfants et d’hommes nous entoure. Quelle curiosité ! Quelle frénésie de contact ! Quelques échanges et nous voici bien accompagnés par Adriatic et Granit, en route pour négocier notre repas du soir dans un self du coin. Le temps de chercher tout le groupe et quelle ne fut pas notre surprise de nous retrouver dans une salle avec tapis rouge, chaises en blanc, la table dressée et deux serveurs qui nous attendent ! Cette salle a servi la veille à une cérémonie de circoncision et nous est très simplement mise à disposition.

Nous passons de la boue de la rue, en farandole avec les enfants à la blancheur d’une salle de réception, belle improvisation et surtout bel accueil. Nous ressentons que ce peuple vit dans l’intense, après avoir été traité comme des animaux, il est désormais avide d’humanité, de profonde humanité.

Estelle