38ème jour - Samedi 22 mai - Liban - Kfifane - Syrie - Frontière Turque

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English corner

Saturday, May 22st
From Kfifane to Turkey

Not easy to say goodbye to these touching people, close to our hearts, close to our mission, close to our souls.
Pictures, hugs, kisses.
For sure, we’ll see them again very soon.
On the road, we met people living in tents and shared friendship.

38ème jour - Samedi 22 mai - Liban Kfifane - Syrie - frontière Turque

Le chemin du retour

Difficile de quitter Kfifane. Emotions, étreintes...



La démarche d’ »Offre Joie » est tellement proche de la notre, nous resterons en contact.


Peut-être pourrions-nous envisager des actions ensemble ?
C’était notre dernière étape au Liban, nous prenons la route et passons deux frontières dans la même journée !
Près d'une station essence, plusieurs familles sont installées sous tentes. Ils vivent là.



Nous ne comprenons pas leur langage ni eux le notre, et pourtant l'improbable se produit. Magie de l'amour.


Quelques Caravaniers sont invités à boire le thé, petit à petit nous amenons nos instruments de musique, le cercle s'agrandit dans une tente. Assis sur les tapis, nous chantons, rions, sommes pris en photos... Moment de partage intense avec ces femmes, ces hommes et ces enfants de Syrie ou d'ailleurs...

Claire

 

Instantané entre le Liban, la Syrie et la Turquie …

Le 21 mai, à quelques kilomètres de la Palestine, d’Israël … Impossible de se rencontrer, impossible de traverser, trop de frontières, trop de paperasses … Et la caravane passe…

Retour vers la maison, mais on reviendra,
Vers ces nouveaux horizons
Qui nous inspirent quelques vers…

 

Elle aimant Terre (Impro mystère sur la promise Terre)

Elle voulait revoir sa mère, passer la frontière
A tire d’aile faire le lien entre elle et le ciel
Si proche à vol d’oiseau, elle, nous, à Tyr …
Nous rassembler telle une « fée d’air » à Sion

Mais on lui a tiré dans les ailes
Horizons voilés, colombe violée,
Des plumes ont volé et on ne l’a plus vue s'envoler

Mais elle s’est relevée, a élevé la relève,
Le sourire aux lèvres.
Les sourds rirent aux larmes de cette différence
L’indifférence est la pire des armes
Mais le charme de l’espérance inspire nos âmes
Et elle a continué, à terre, son combat ordinaire
Construire des ponts entre elle et les cieux
Et si eux, ces messieurs, s’évertuaient autant
Au précieux talent des pacifistes tisserands
Tirant des fils amants, des fils de soi
Tendus vers l’autre, vers l’infini…

Ainsi fit celle pour qui rien n’est futile
Tissant la trame étoilée de réseaux éclairés
Ces lignes qui s’étendent et qui, libres,
Filent à travers le temps.

François et Nadège

A mes soeurs musulmanes

Baalbeck, minuit. Jamal et sa fille ainée, Farah, nous reçoivent chez elles, Sophie et moi. Le mari de Farah travaille la nuit, et les 3 plus jeunes enfants sont au lit. Ces jeunes femmes nous offrent le gîte et le couvert, un véritable festin, et nous ouvrent leur coeur une bonne partie de la nuit, et puis le thé, les gâteaux... Je les remercie du cadeau, elles me répondent « c'est vous le cadeau »...

Mes soeurs musulmanes, depuis plus de 25 ans je suis accueillie dans vos foyers, en France, au Maghreb et ici au Liban. Et toujours ces mêmes mots « bienvenue », « tu es ici chez toi »... ô combien d'amour reçu et de joie partagée !
Alors quand je sors de vos maisons, et que j'entends parler de votre façon de vous habiller, de prier, de vos « mauvaises » conditions de vie... cela me choque et m'attriste beaucoup. Vous êtes devenues le point de mire de beaucoup d'occidentaux qui projettent sur vous leurs peurs et leurs angoisses. Comment peuvent-ils parler, penser à votre place ? Quelle est cette forme de pouvoir qui les poussent à vouloir vous sauver, quand vous ne demandez que de pouvoir vivre comme vous l'entendez, en paix et en communion. Ont-ils le monopole du bonheur et de la bonne façon de faire et de penser ? Bien sûr il y a des femmes, mais aussi des hommes qui souffrent, en occident tout comme en orient, ne faisons pas l'amalgame.
Quand je vous regarde mes soeurs, je ne vois que votre beauté et votre Lumière, et toute la générosité qui vous porte vers les autres avec tant d'amour ! Vous qui ne m'avez jamais jugé, toujours ouvert votre porte sans jamais regarder ma façon de m'habiller, sans vous soucier de mes croyances ou de ma façon de vivre, les mots ne suffisent pas pour exprimer tout l'amour que j'ai reçu de vous.

… Tandis que que je finis ce texte, le bus s'arrête, des tentes, des nomades. Ils nous offrent immédiatement l'hospitalité, nous sommes 50 caravaniers... Nous buvons ensemble le thé, nous jouons de la musique, et je danse pour honorer la beauté et la joie de nos hôtes qui me touche particulièrement. Nous repartons déjà, l'émotion reste.

On me demande quel est pour moi le symbole de l'amour ? C'est vous.
A mes soeurs et mes frères musulmans, à mes soeurs et mes frères de tous horizons sur la Terre, merci, je vous aime.

Laure.

Parlez-moi d’amour

La Caravamoureuse du jour : Laure, 38 ans, archéologue, vit à Dijon.

Ses centres d'intérêt :
« La musique enchante mon chemin, je le vis à travers le chant, la danse, reliée à la Toile de Vie, comme une prière à la Terre et à la Source Universelle »

- Quelle est la plus belle chose qu’ont ait faite pour toi par amour ?
Mes parents qui m’ont permis de suivre mon chemin en toute liberté, qui m’ont donné et me donnent toujours beaucoup d’amour, où qu’ils soient...

- Quelle est la plus belle chose que tu aies faite par amour ?
M’ouvrir et accueillir.

- Quel est pour toi le symbole de l’Amour ?
Pour moi l’Amour n’a pas de symbole, l’Amour est Universel, il transcende chaque chose et chaque être.

- Une phrase ou une pensée que tu aimes tout particulièrement.
« Change en toi ce que tu veux voir changer dans le monde, et le monde changera.» Dalaï Lama

- Ce qui t’a donné envie de te joindre à la caravane amoureuse.
Me laisser porter avec confiance et rencontrer l’autre.

L'impression générale sur le pays :22 mai 2010

 

Cartes postales du Liban

Trois caravaniers nous livrent leurs impressions après une dizaine de jours au Liban.

Pablo : « Il cachait qu'il était Palestinien »

« De jolies plages, de belles côtes, la montagne et la mer proches l'une de l'autre, un carrefour culturel très intéressant : le Liban aurait tout pour être un pays très touristique. Seulement, il y a le souvenir de la guerre et cette saleté (tous ces déchets éparpillés …) qui nuisent encore à son image.
Au Liban, nous avons rencontré des gens chaleureux et très accueillants, mais il ne faut pas oublier qu'on a traversé le pays très vite et qu'il ne s'agit que d'une première impression. Que ce soit chez les anciens ou chez les jeunes, la violence est présente. Je l'ai vécue. Une violence dans la façon de se parler, dans la conduite au volant. Il existe un vrai rapport de forces. »
Un souvenir :
« Dans un bar de Tyr, où nous avions fait la fête, non loin de l'université islamique, j'ai rencontré Hassan, un gars très sympa qui devait avoir 22 ans. A la fin de la soirée, il est resté avec François et moi pour discuter. Il nous a expliqué qu'il était Palestinien et que les Palestiniens étaient méprisés par les libanais. Il avait un restaurant à Tyr où il ne proposait que de la cuisine libanaise. Sinon, personne n'y serait venu. Il s'habillait comme un Libanais. Même aux femmes libanaises, il devait mentir sur ses origines. Bref, il devait cacher son identité. Et je ne crois pas que le cas d'Hassan était isolé. Cette rencontre illustre l'état d'un pays à vif entre beauté et souffrance. Pendant cet échange authentique et sincère, nous étions traversés tour à tour par la joie et les larmes »

Rosa: « Quelque chose de familier »

L'impression générale sur le pays : « J'ai trouvé dans les paysages du Liban comme quelque chose de familier. Moi qui suis Espagnole, j'ai parfois eu l'impression d'être en Andalousie, aux Canaries ou sur la côte méditerranéenne. On peut aussi passer en quelques heures de la plage à la haute montagne. J'ai ressenti une autre surprise face aux vestiges de Balbeck : j'ai éprouvé la même émotion, la même impression de grandeur qu'en Egypte.
Quant aux Libanais, je les ai trouvés agréables, dignes, curieux des autres sans être familiers, généreux, délicats. A l'Université islamique de Tyr, par exemple, une étudiante, ayant appris que j'avais perdu mon carnet d'adresses, m'a offert, pour le remplacer, un cahier décoré de jolis papillons. Et puis, comment oublier l'accueil formidablement chaleureux et simple des familles libanaises qui nous ont reçues chez elles ? Avec mon mari et mon fils, nous avons passé la nuit chez le maire de Nabatieh qui avait vécu à Montpellier et dont les enfants se trouvent toujours là-bas. Nous avons promis de nous revoir, soit au Liban, soit à Barcelone »

 

Un souvenir :

« L'association Offre-Joie à Kfifane. D'un lieu abandonné, ils ont fait un lieu de vie, dont la construction est l'oeuvre de jeunes issus de différents pays. Il était initialement destiné aux jeunes, mais il est aujourd'hui ouvert à toutes sortes de rencontres, avec cette devise mêlant unité, amour, respect et pardon. Son action dépasse le cadre de l'institution pour s'attacher par exemple à améliorer les conditions de vie des prisonniers. C'est une pépinière d'abnégation, de générosité, d'engagement, d'ouverture, de conscience et de liberté. »

Estelle: « Le Liban nous a ouvert ses bras »

L'impression générale sur le pays :

« Nous sommes venus pour donner et avons tellement reçu ! Le Liban nous a ouvert ses bras, ses coeurs et ses maisons. Je ressens les personnes rencontrées à vif de tant de souffrances passées, avec une soif immense de joie et de paix. Les évènements vécus amènent certains à vivre l'instant présent en cadeau, sans trop projeter vers le lendemain, superstition d'une paix fragile. Pour d'autres, je constate une énergie de vie et d'amour très forte, tournée vers des projets d'union, au-delà de tous les clivages. L'Histoire du pays se mêle intimement aux histoires personnelles et pousse chacun à aller vers son essence ciel ».
Un souvenir :
« Nabatieh, après des échanges de sourires, quelques pas de danses et le partage d'un repas, Sanah, la cinquantaine rayonnante, m'invite chez elle avec Catia. Tout en conservant son rire contagieux, elle nous raconte les bombardements, les dégâts sur sa maison, l'aide qu'elle a apportée pour le rapatriement des réfugiés de Cana (action pour laquelle elle a été décorée). Elle incarne un message fort de la Caravane, quoi qu'il arrive : toujours nourrir l'amour. Soleil du Liban, ton rire résonnera en moi longtemps » .

 

Routes...
« L'oiseau pinceau
Sur l'autoroute du ciel
Zoomé en plein vol »

Guy