37ème jour - Vendredi 21 mai - Liban -Kfifane - Forêt des cèdres

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Friday, May 21st
Kfifane – North Lebanon

Cedars forest in Bcharre with the collaboration of the Cedars Forest Friends and Environment Protection Comittees.
We planted 4 small cedars inside natural beauty. Piano concert, birds echos...
Magic !
Return to Kfifane to prepare the concert of the night, with « Offre Joie » association and talents of the region.
Shared sense of life. Shared emotions.
Many thanks to Melhem Khalaf, coordinator and Christine Abillama and all the staff « Offre Joie » Kfifane.

37ème jour - Vendredi 21 mai - Liban - Kfifane - Forêt des cèdres

Nous commençons la journée en remerciant Khalam Melhem, fondateur d’Offre Joie, pour son chaleureux accueil de la veille, au sein de cette ancienne école. Il nous répond : « mais ne me remerciez pas pour ça, vous êtes ici chez vous ! ».

Nous nous mettons en route pour voir une des dernières forêts de cèdres du Liban.



Nous passons par la vallée de la Qadisha, où vécurent beaucoup d’ermites, et où fût fondé l’ordre des Maronites. Nous traversons ensuite Becharre, la ville de naissance de Khalil Gibran. Les paysages imposent le respect : relief accidenté, gorges profondes, aux parois à pic.
Autour de cette forêt, 400 hectares de cèdres ont été replantés ces vingt dernières années. De nos jours, les cèdres poussent difficilement au Liban, du fait du changement climatique. C’est pourquoi, lorsqu’on les plante, ils nécessitent une vingtaine d’années de soins. La forêt originelle, quant à elle, est composée de quelques 300 arbres multi-millénaires. Sous l’antiquité égyptienne et romaine, les cèdres servaient entre autres à la momification et à la construction des bateaux.
Nous marchons dans la forêt. Une coccinelle vient se poser sur mon épaule et m’accompagne pendant une bonne partie du chemin. Nous nous arrêtons dans une clairière, où nous découvrons les souches de cèdres sculptées par Rudy Rahmé. Des visages à l’expression tantôt espiègle, tantôt douloureuse,

 

une femme de dos,





un Christ juché en haut du vieux tronc, qui semble davantage défier la montagne en face que le ciel… !

Quels puissants symboles dans ses sculptures : comme si le défi de toute vie humaine n’était pas la transcendance, mais l’incarnation. Leur façon de se livrer est aussi très belle : l’œil doit les chercher tout d’abord. Un visiteur inattentif pourrait passer à côté sans les voir toutes. Elles se découvrent à celui ou celle qui sait les voir, qui désire les voir.

 






Le piano nous accompagne à côté des sculptures. Marc et quelques caravaniers se livrent à une improvisation musicale pendant que d’autres ont choisi la danse. La fin des improvisations laisse place au chant des oiseaux ou au silence, origine et prolongement naturel de la musique. Mais non des applaudissements. Les conventions ont laissé place à la spontanéité.



Nous nous dirigeons ensuite vers un bosquet pour y planter 4 cèdres : un pour la paix entre les peuples, un autre pour le silence, un pour la solidarité, et enfin un pour la croissance des enfants de notre monde.

 



 







Nous reprenons ensuite la route d’Offre Joie pour le concert de la Caravane avec des musiciens libanais. Melhem remercie d’abord la démarche de la Caravane et nous demande de nous faire les messagers de la paix au Moyen-Orient une fois rentrés en France. Nous invitons Offre Joie à venir en France pour une invasion amoureuse. Nous imaginons déjà les futurs projets que nous pourrons construire ensemble : faire une Caravane d’enfants libanais, israéliens et palestiniens, par exemple ! Melhem répète que nous sommes les bienvenus, que nous sommes ici chez nous. Quelle humanité ! Quelle grandeur et quelle dignité dans ces instants partagés !
Les musiciens libanais inaugurent le concert et jouent des morceaux à la guitare, à la flûte et avec le oud. Alain et Marie-Astrid entament ensuite un duo de musique yiddish, à la clarinette et au piano, et souhaitent la paix entre le Liban et Israël. Marc commence ensuite à jouer. Le concert se clôture par une improvisation générale entre les musiciens de la Caravane et les musiciens libanais, pendant que le reste des Caravaniers invite le public à danser.

Céline Isoird

 

Témoignage

Quand les ponts remplaceront les murs…

Pour Jérôme, 33 ans, ingénieur de formation à Lorient, la Caravane amoureuse n’aura duré qu’un peu plus d’une semaine, le temps nécessaire au Caravamoureux pour dire aux Libanais qu’il les aime et leur souhaite de vivre pour longtemps dans un monde de paix.
Si le Breton, ami de deux autres Caravaniers, Marie-Astrid et Yves, a choisi le Liban pour prendre la Caravane en marche, ce n’est assurément pas le fruit du hasard : depuis février 2009, il vit dans ce pays magnifique, au passé sanglant.
Envoyé, comme quinze autres jeunes, par la Délégation catholique pour la coopération, Jérôme a rejoint le Liban comme VSI (Volontaire de solidarité internationale), il y a seize mois, et vit dans les environs de Beyrouth.
« J’ai toujours privilégié les vacances solidaires », explique-t-il. « A la fin de mes études, en 2001, j’avais passé un an près de Nantes, dans une Communauté de l’Arche qui offrait des lieux de vie à des adultes avec un handicap. Et puis, en 2008, après avoir travaillé six ans comme ingénieur à Lorient, j’ai choisi de rejoindre, pour mes vacances, une association des environs de Beyrouth, Anta Akhi (‘’Toi, mon frère’’ en arabe) qui œuvre aussi auprès des personnes porteuses d’un handicap. En février 2009, j’ai demandé à y revenir pour deux ans et j’y ai créé un poste axé sur la photo, l’une de mes passions : je photographie les nouvelles personnes accueillies dans les locaux de l’association et je me charge de l’archivage des photos sur papier ».

Des actions de sensibilisation

L’objectif d’Anta Akhi, créée par une Libanaise aujourd’hui septuagénaire, Yvonne Chami, ancienne assistante sociale, infirmière et sage femme, est, comme l’explique Jérôme, « de montrer qu’on peut vivre ensemble, bien portants et porteurs de handicaps. Au Liban, comme dans beaucoup de pays, les personnes handicapées sont rejetées, cachées, ou vivent dans des endroits sales. Le projet d’Anta Akhi va à contre-courant de la société, de l’Eglise et de la pensée commune. Le problème du handicap, ce n’est pas le handicap lui-même, mais plutôt le regard que les bien-portants posent sur lui. Anta Akhi veut donc contribuer à changer ce regard là et à montrer la dignité des personnes frappées d’un handicap ».
Et pour ce faire, l’association de Jérôme multiplie les actions de sensibilisation. « 3.000 visiteurs viennent chaque année dans notre centre, dont une majorité d’écoliers. Ils découvrent que ce qu’ils pensaient du handicap était faux, qu’ils ont devant eux des personnes pleines de vie et parfaitement propres. Cette notion de propreté est essentielle à nos yeux. Et pas question de faire la toilette de quelqu’un sans le regarder ».
A Anta Akhi, qui abrite une cinquantaine de personnes (dont 19 permanents et 18 en accueil jour), la joie de vivre est un autre élément de la plus grande importance. Aussi tient-on à le véhiculer à l’extérieur. « Il y a chez nous beaucoup de jeunes gens d’une vingtaine d’années, brillants, jouant aux échecs, lisant des ouvrages d’intellectuels, et qui, parce qu’ils sont atteints d’une maladie dégénérative, perdent peu à peu l’usage de leurs bras, de leurs jambes et de la parole. Et malgré cela, ils conservent leur joie de vivre. Cela devrait nous inciter, nous bien-portants, à nous interroger sur nos propres choix face aux difficultés de la vie : baisser les bras ou nous battre ? »
Entre Anta Akhi et la Caravane amoureuse – qui lui a permis de « découvrir un autre visage du Liban et de porter un autre regard sur lui »- , Jérôme trouve une ressemblance frappante. « Les objectifs, les visions globales de l’humain sont proches dans les deux projets : aller à la rencontre de l’autre, faire tomber les frontières. Les hommes bâtissent des murs entre eux, alors qu’ils auraient besoin de construire des ponts qui les relient ».
A méditer…

Hervé

Instantanés

Après soirée chez Offre Joie.

Je parle avec Melhem qui m’avait touchée la veille par son récit : son aventure dans la création de Offre Joie. « Regardez », me dit-il, « tous ces jeunes, ils œuvrent pour l’association, je les ai connu quand ils étaient petits, ils venaient à la colonie ». Il appelle Tania et Marc, deux étudiants. Tania était maître de chantier pour une prison, elle me dit que les prisons datent de 1936 et depuis, jamais aucune rénovation n’a été entreprise. Les prisonniers, par manque de lit, se relayent pour dormir, à trois heures du matin, l’un doit donner la place à l’autre. Tania et ses camarades refont les sanitaires, repeignent les murs en couleur, cassent des parois pour laisser pénétrer la lumière, installent des lits superposés pour chaque prisonnier. Les corps de métiers listent les travaux à effectuer, Tania, petit bout de femme, remplit sa tâche de conductrice de travaux, avec l’aide de ses compagnons et compagnes Offre Joie. Ils espèrent ainsi continuer et rénover d’autres prisons. Ils me disent : « Rendez-vous compte, tous ces gens emprisonnés pour des mois, dans ces endroits insalubres, et même parfois ils sont innocents. Imaginez de la couleur, de la lumière, de l’espace. Cela peut changer, donner un peu de vie et de joie. » Je constate le cadeau que ces jeunes donnent.
Grands étaient pour moi les cèdres que j’avais visités dans l’après-midi, j’avais rencontré de grands sages et soudain, dans les yeux de ces jeunes, dans leurs regards, à travers leurs actions, devant moi ils étaient de grands cèdres du Liban. Je m’incline, je suis touchée...
« D’un rêve, ils l’ont fait. »

Marie-Jo






La montagne et ses traînées de neige
Les cèdres dans leur majesté
Les oiseaux chantent leur gaieté
Les notes du piano coulent et l’allègent..

Quatre petits cèdres
De trois ans chacun
Vigoureux et frêles
Tout juste sortis
De la nursery
S’offrent à être plantés
Par quelques Caravaniers.

Rite éternel renouvelé
Cérémonie païenne et sacrée
Dont quelques mots clés
Soulignent le sens :

Paix entre les peuples
Pays des origines
L’avenir des enfants
Nature vivante
Silence,
Liberté.

Chacun est là
Ensemble, tous sont là
Dans ces instants suspendus
Proches de l’humus
Proches du ciel
Près du cœur
Unis dans l’UN.

Michèle

Parlez-moi d’amour

Le Caravamoureux du jour : Pierre, 75 ans habite à Perpignan.
« Ma vie professionnelle est terminée. J’ai eu l’immense privilège de faire de ma passion pour l’aviation un métier. J’ai aussi pu admirer longuement de nuit, de jour, comme notre Terre est belle. Elle appartient à tous les hommes qui ont en charge de la préserver pour les générations futures. Du ciel, il n’y a pas de frontières... »

- Ce qu’on a fait de plus beau par amour pour toi
- Mon père et ma mère : je leur dois tout.
- Ceux qui contribuent au fonctionnement harmonieux de notre société.
- Le boulanger avec son pain
- Les lettres du facteur
- L’électricité, l’eau en permanence, etc... Dans leur travail, n’y a-t-il pas une petite place pour l’amour du prochain ?

- Ce que tu as fait de plus beau par amour
- Je ne sais pas. J’ai toujours essayé de tenir ma place et d’être à la hauteur.

- Quel est pour toi le symbole de l’amour ?
- « Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime ». (Jean, 15-12-13)

- Une phrase que tu aimes tout particulièrement
- « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

- Ce qui t’a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse
- Son message porteur d’espoir et de fraternité va dans le sens du commandement du Dieu des Chrétiens : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

 

Chante nous la vie
Respire le silence, blanc
Cèdres du Liban

Marie-Astrid

Aquarelle Guy

Montagne des Dieux
Solennité du cèdre
Beauté, Unité

Marie-Astrid