34ème jour - Mardi 18 mai - Liban - Joun - Nabatieh via Katernaya

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Tuesday, May 18th

From Joun to Nabatieh via Katernaya

Katernaya Mentally challenged children Center : Encountering children with music and clowns.
The Mayor of Nabatieh and Dr Baalbacki, President of the local ecological association, welcomed us and introduced their town and region.
Visit of Beaufort Castle near the boarders with Syria Palestine and Israel. Concert. Some of us spent the night at the house of people of Nabatieh.

34ème jour - 18 mai - Liban - Joun - Nabatieh via Katernaya


La Caravane passe...

Saisir l’opportunité, l’instant présent, l’inattendu... Hier soir, touchée par notre démarche, une encadrante nous parle du centre d’accueil pour enfants en difficulté dont elle s’occupe.

Elle aimerait tant que nous venions voir son établissement, amener la musique, les clowns et notre message de paix et d’amour aux enfants...
Le planning est modifié pour parvenir à y intégrer cette rencontre. Une nouvelle fois, l'accueil qu'on nous réserve est très chaleureux avec un copieux petit déjeuner.

C’est bouleversant de pouvoir donner à tous ces enfants atteints de handicaps divers autant que de recevoir d'eux.

 

Notre hôte ne veut pas nous laisser repartir sans nous avoir fait visiter l’ensemble des lieux, chaque détail ayant son importance.

Etape suivante : Nabatieh, Sud Liban, à 7 km de la frontière palestinienne
Ville de 300 ans d’histoire, ce lieu était principalement un lieu de passage des caravanes pour le transit des marchandises. La Caravane Amoureuse se devait d’y faire étape. M. le maire nous accueille avec thé et café. Maire depuis 12 ans, il termine son mandat à la fin de la semaine.

Il nous explique que la guerre a complètement désorganisé la ville pendant de nombreuses années. Il a œuvré pour que se développe un pôle universitaire contribuant à l’attractivité de la ville. On compte aujourd’hui 23000 étudiants pour près de 100 000 habitants. La population de l’agglomération est encore très rurale, l’agriculture étant une des ressources économiques de la région. Dans les rues et sur les maisons, les stigmates de la guerre sont encore présents.
Le maire nous emmène voir la Mosquée et la rue commerçante dont la reconstruction récente fait la fierté de la municipalité. Grâce à lui, encadrés par la police, nous pouvons nous rendre sur un lieu plus que stratégique : la forteresse de Beaufort. Construite à l’époque des croisades, elle était utilisée comme point de défense jusqu’en 2006 lors des attaques israéliennes. Nous sommes ici au croisement entre le Liban, la Syrie, La Palestine et Israël.

Les propos du Maire sont poignants, il nous retrace l’historique des attaques. Il nous montre l’endroit de la Palestine où vit sa sœur, à une demi-heure de là, mais qu’il ne peut pas aller voir, car c’est impossible de passer la frontière. Même en passant par la Syrie et en faisant un détour de plusieurs heures, il n’est pas sûr de pouvoir passer. Pourtant si proche, l’absurdité des tensions la rend inaccessible.

En rejoignant le jardin public du centre culturel pour le concert, nous ressentons l’importance de notre démarche dans ce lieu en cicatrisation, auprès de ces personnes ayant vécu longtemps en état de survie. Les blessures du cœur sont encore vives. Comment pardonner quand des êtres aimés ont été tués, des maisons détruites, des vies bouleversées ? Et pourtant c’est tout le message que, délicatement, les mots et la musique de Marc vont transmettre. Bien sûr, la chose est délicate, mais il n’y a pas d’autre remède à la guerre que celui d’insuffler le plus grand amour et le plus grand respect de l’autre. Marc explique que, de l’autre côté de la frontière, il existe des hommes qui cherchent comme eux la paix. Les oreilles écoutent, les têtes approuvent.
C’est alors que la magie du concert opère. Très vite, les corps ont envie de se mouvoir.

 

Un homme spontanément vient accompagner Laure et Estelle dansant. S’en suivent les rythmes endiablés entamés par une derbouka dont s’est emparée une dame pourtant âgée, puis les danses et farandoles… la légèreté et la joie retrouvées donnent envie de partager et d’aimer.

Estelle et Laurence

 

Parlez-moi d'amour


La Caravamoureuse du jour : Marie-Astrid, 51 ans, vit à Lorient (Morbihan) où elle est pianiste et professeur de piano.
Elle aime l'enseignement, partager la musique avec les autres, la lecture et la mer. Ses compositeurs favoris sont Jean-Sébastien Bach ("ma référence"), Robert Schumann et Claude Debussy.

- Ce qu'on a fait de plus beau par amour pour toi
- La vie que m'ont donnée mes parents, Arlette et Roger et leur amour. Ils ont aussi tout fait, notamment quitter leur midi chéri pour monter à Paris, afin que je puisse exercer le métier de pianiste.

- Ce que tu as fait de plus beau par amour
- Mon mariage avec Yves et mes trois filles, Maud, Estelle et Lucie

- Quel est pour toi le symbole de l'amour ?
- Offrir et recevoir. L'amour permet à chacun de se réaliser dans ce qu'il est.

- Une phrase que tu cites volontiers
- "La beauté sauvera le monde" C'est le titre d'un livre sur les mains, écrit par Bernard Boro et que m'a offert Yves.

- Ce qui t'a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse
- Le désir profond de Marc. Je voulais sortir le piano à queue dans la rue pour offrir la musique classique à tout le monde. Pendant l'été 2009, j'avais silloné la Bretagne avec un piano dans le fourgon bleu racheté à Marc et qui s'appelle Funambule. En décembre 2009 j'ai suivi un stage organisé par Marc. Je savais que la Caravane existait mais je n'étais pas prête à venir. Après le stage, en janvier 2010, Marc nous a proposé à Yves et à moi d'y participer. L'enthousiasme d'Yves a été tel que cela s'est imposé à nous.

 

"Les choses heureusement

Chacune a sa valeur

Comme pour l'éclairer du dedans"

Gabriel Legal (poète)