28ème jour - Mercredi 12 mai - Syrie - Damas

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English Corner

Wednesday, May 12th
Damas
Encountering people dedicated to others. First, Souad Zeyban, a 70 years old lady told us her story : when she was 20 years old, she arrived in this house, a place welcoming children from poorest families in order to give then education to them.
Then, Jean-Marie Schmit, an Alsacian physiotherapist, introduced us Terre des Hommes Association working for handicaped people, mainly injured by the war Iraki, Syrian, Lebanese.
Piano concert inside the old city and at Mustafa Ali’s Gallery.

28ème jour - 12 mai – Syrie - Damas

Petit déjeuner festif devant le monastère avec une vue imprenable sur toute la vallée. Nous entamons une guérilla des bisous dans Damas et traversons les rues à grand renfort de joie de vivre. La magie opère, notre enthousiasme atteint les passants qui se réjouissent de notre passage. Nous retrouvons l’ivresse naturelle des enfants oubliés que nous sommes, Caravaniers comme habitants de Damas.
Les préjugés sur la Syrie sont balayés. Les soit disant difficultés que nous devions rencontrer dans les échanges avec les syriens ne sont pas au rendez vous. Les gestes de fraternités diffèrent : se serrer la main, échanger une bise, mettre la main sur le coeur... toujours le regard, toujours les sourires... Transportés par l'Amour, la fatigue est oubliée et même remplacée par une grande énergie.
Un habitant, touché par notre démarche, m’invite à boire le thé chez lui. La perspective de se retrouver perdu sans savoir où est le groupe est dépassée. Je déguste un grand thé. Mon hôte fini par me demander si je vais retrouver le groupe et comment... « Inch’Allah » !

La guérilla des bisous se termine et nous arrivons à l’orphelinat où nous avons rendez-vous.




La femme, bien heureuse fondatrice de ce centre nous en explique l’histoire. Elle est aujourd’hui la « grand mère » d’une vingtaine d’enfant. Nous jouons, jonglons et partageons joie, sourires et danses.



Nous partons ensuite pour le centre pour handicapés et mutilés de guerre de l’association « Terre des hommes ».





Dans ce centre pour handicapé, la joie règne entre la clarinette d'Alain, les pas de danse improvisés de Sophie

et le manège enchanté de Laurence


le temps d'une rencontre furtive avec une maman irakienne, nous vivons l'émotion intense d'un douloureux souvenir de guerre


Ces mots simples font écho aux caravaniers venus en visite chez "Terre des hommes" de Syrie


Historiquement il s’agissait d’un centre anti-polyo qui, pour la plus grande joie de tous s’est retrouvé au chômage technique.
Depuis, le travail continue, recherche sur le développement des facultés psychomotrices d’enfants paralysés, fabrication de prothèses pour des handicapés, ... La guerre d’Irak à fait d’innombrables mutilés dont la réalité se lit ici bien mieux que dans les journaux. A nouveau nous jouons, jonglons et partageons joie sourire et danses.
Tant à l’orphelinat qu’au centre, nous rencontrons des personnes pleines de tendresse, accessibles et qui dévouent leur vie pour être au service des autres... A mes yeux elles sont des exemples.

 


Le souffle de joie reçu dans ce centre nous propulse vers une itinérance dans les rues de Damas, ponctuèe de musique et de bisous


merci à notre policier du jour d'avoir facilité notre élan jusqu'à la maison du sculpteur Mustafa Ali



même les ruelles les plus étroites n'arrêtent pas la fougue des caravaniers

 

Pour le concert du soir, nous décidons d’emmener le piano en déambulation dans les rues de Damas. Le temps de le descendre du fourgon, il perturbe quelque peu la circulation ! Notre stratégie face aux automobilistes ? Une avalanche de joie de vivre et d’Amour qui trouve écho malgré les embouteillages générés. Un policier mécontent nous demande de nous ranger sur le trottoir, mais il est trop étroit pour un piano à queue ! Après quelques explications, il décide de nous accompagner, sous les ovations des automobilistes et des Caravaniers conquis ! Escort avec gyrophares et une belle ouverture d’esprit et de cœur. Nous poursuivons au milieu de ruelles aussi étroites qu’alambiquées. Certains passants sont incrédules, d’autres nous suivent... Rencontre inattendue : l’homme du thé de ce matin !

 

qui de Guy ou de Michel a réalisé ce magnifique croquis





La maison de Mustapha se révèle un oasis de fraicheur


qui permettent à Laure et Estelle de réveler leur grâce le temps d'une belle improvisation de Marc

dans un clair-obscur se rèvèle à nous les sculptures de Mustafa Ali,

Le concert a lieu chez un sculpteur Syrien, Mustafa Ali, dans un patio magnifique. Certains syriens, touchés par ce moment de partage, prolongeront l’échange en accompagnant notre déambulation pour retourner aux bus.

En semant des graines d’éveil et de conscience sur notre passage, nous avons également beaucoup reçu de nos rencontres.

Erwan

Zoom sur l’association Ousrat Al Ikha'al Souria, Sourire des Hommes, Syrie

Accueil chaleureux du responsable, Paul Slimane, père lazariste depuis 49 ans en Syrie. « C’est un centre d’orientation, de détection, de formation, de conscientisation ». Des milliers de réfugiés adultes et d’enfants sont passés ici depuis sa création en 1967.
L’association est régie par des principes humains qui reposent sur la générosité et l’amour, fraternité et bénévolat contribuent à la construction de la dignité de l’homme. Elle est en relation avec la Fédération Internationale Terre de Hommes.




Père Paul : « L’amour ne connaît pas de division »

Au fil des ans l’association a essaimé dans le Liban, elle a tissé des liens avec d’autres pays pour offrir les meilleurs soins aux enfants :
-- avec Mécénat Enfants du Monde à Paris qui permet aux enfants d’être accueillis en famille le temps d’une intervention chirurgicale du cœur ou des yeux ;
-- avec JP Neut pour l’atelier de prothèses.



Elle propose également des activités dans « l’Atelier des petites mains » Magda avec quelques jeunes femmes brodent de magnifiques tissus.

Jean Marie Schmidt est un homme de cœur. De passage il y a 29 ans, il est resté. Connaissant peu les problèmes spécifiques des enfants il s’est laissé enseigner par eux. Il s’est tout d’abord occupé d’enfants atteint de poliomyélite et maintenant d’enfants souffrant de scoliose ou d’infirmité motrice cérébrale (IMC).
Guidé par son intuition, il a créé un appareil mobile de verticalisation pour mettre les gens debout et faciliter l’apprentissage de la mobilité : « le miracle du diable » comme il l’appelle, l’appareil étant conçu à partir de ce chariot à roulette nommé ainsi. « En médecine pas de vitesse, laissez faire ».
Jean Marie Schmidt, nous fait visiter les salles où sont offerts des soins de jour aux enfants atteint de handicap.


C’est un centre pilote comprenant 5 pièces de couleurs différentes : kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, psychomotricité, éducation spécialisé. Une vingtaine d’enfants y viennent chaque jour avec leurs parents. Ils sont pris en charge par des professionnels locaux formés par compagnonnage par des volontaires de chaque discipline venus de France.


Photos souvenir des femmes de l'atelier des doigts d'or de l'associatibn de terre des hommes

Jean-Marie Schmidt : « Il y en a beaucoup qui mettent les gens par terre. Il y en a beaucoup moins qui remettent les gens debout »

Les caravaniers vont à la rencontre des enfants, puis tous sont attirés par les musiciens et les danseurs. Nous sommes touchés par l’atmosphère de ce lieu qui dégage une force de vie palpable.

Marie-Claude

Je dis 13 Mai. Quoi ?



Ce matin, coule en fond de mon rêve, une étincelante cascade. Au réveil, ces lots se déversent. Aussi la Sainte-Trinité nous couvre de baisers. Je reconnais d’où tu as puisé ta source, Eau du Bonheur ! Alors que Damas me livrait hier l’espace pour plonger dans l’amour éclairant de chaque habitant gagné par notre soyeuse guérilla de Bisous, au détour d’une ruelle, fardée de marbres contrastés noir et blanc, je franchis un porche de bois gris-bleu. Je me sens alors glisser le long d’une rampe plaquée contre un escalier. Ici, je fais comme eux :
Je ne marche plus
Je me dandine
Je ne cours plus
Je me répands
Je n’écoute plus
J’entends le Tout
Je respire à peine
Je guette toutes les inspirations
Je ne touche pas
J’enlace chacun
« Sophie ?
- Oui Mila.
-Qu’est-ce qu’ils ont les enfants ?
- Ce sont des enfants ! »



Je m’agenouille
Ils se redressent
Je ferme les yeux de bonheur
Ils ouvrent leurs pupilles d’ébène
Je touche leur corps
Ils touchent mon cœur
« Sophie ?
- Oui Mila.
- Tu sais, ce sont des enfants handicapés.
- Ah bon Mila ? »
En cet instant, nous baignons au cœur d’une source de joie enchantée, recueillant le don de chacun : le son de ta clarinette, Alain ; notre soin à quatre mains, avec toi, Grand-mère de ce petit chérubin ; ton manège enchanteur, Laurence, avec le fauteuil de cette petite fille aux grands yeux bleus à qui tu tiens les bras ; l’escalade frénétique, sur tes épaules, Catia, de cette élancée brunette aux bouclettes rebondissantes ; le témoignage de Jean-Marie, ce kiné humaniste.



« Sophie ?

- Oui Mila.
- Tiens, c’est pour toi.
- Merci Mila pour cette petite plaquette expliquant l’action de cette merveilleuse association Ousrat el Ikha’ Al Souria (TDHSY), action de Terre des Hommes Syrie. »
Merci infiniment pour cette étape Essence Ciel au cœur de cette association, au cœur des Hommes, au cœur de ce merveilleux pays qu’est la Syrie.
Merci mes amis : enfants de toutes les lumières.
Sophie

 

Instantanés.

Elle s’appelle Souad Zeybaq.



Elle est arrivée ici à 20 ans. Elle est restée dans cet ancien hôpital qui est devenu un lieu d’accueil pour enfants orphelins de père ou de mère. Ils retournent de temps en temps dans leur famille. Cela fait plus de 45 ans qu’elle est au service des enfants. La bonté se lit sur son visage. Vingt filles vivent ici à l’heure actuelle, elles sont scolarisées dans une école privée du quartier. Quand les enfants ont grandi, certains restent pour aider. Nous sommes accueillis par des sourires. On nous offre du thé. Musique, danses et joie. Difficile de quitter ce lieu chaleureux.

Patricia

Quelques lignes pour témoigner ma gratitude envers ces femmes syriennes dans le Centre "Terre des hommes" pour enfants infirmes moteurs cérébraux. Peu de mots ou pas du tout et ces étreintes dont j'ai encore des frissons. En un regard, les apparences s'envolent avec les voiles. L'authenticité n'exige aucun apparat. Un sentiment d'amour universel nous traverse, celui qui devrait nous habiter en permanence. Dans une intensité peu commune, nous nous reconnaissons, simplement femmes, simplement humains. Tout est dit. L'émotion me gagne, les larmes montent et dans les yeux de l'autre, la même chose… L'évidence du contact me fait prendre conscience à quel point nous avons à apprendre de ces femmes, nous occidentaux, ô combien nous avons enfoui cet élan vital et généreux, cette spontanéité maternante. Cadeau de la vie, à saisir sans modération…

Cathy

Le petit garçon et le diable

Il a peut-être 3 ans. Une femme voilée l’amène, et le laisse au milieu du groupe, la tête au soleil... Les explications viendront plus tard, pour le moment, je vois un petit garçon sanglé à la verticale sur un drôle de chariot. Très vite, nous le déplaçons pour qu’il puisse bénéficier de la fraîcheur de l’ombre.
Je le regarde, sa tête tourne lentement d’un côté puis de l’autre, ses mains cherchent à attraper un biscuit que lui a donné le Père Paul Slimane. Ce biscuit est dans un emballage bleu qui brille, nous demandons si nous pouvons l’aider à le manger ? Surtout pas ! Cet enfant ne peut pas manger, il n’a pas la capacité de déglutir. Ses muscles sont trop faibles pour qu’il se tienne debout... De longues explications s’ensuivent, les personnes qui s’occupent de ces enfants handicapés sont admirables dans leur humanité. Jean-Marie Schmidt s’y consacre depuis 29 ans, il a imaginé un système pour que ces enfants là ne restent pas couchés toute leur vie, il a utilisé le principe du « diable » pour qu’ils puissent retrouver la verticalité de l’homme.
Mon cerveau se ferme, je n’entends plus ces mots compliqués, cela n’a pas d’importance, j’ai compris l’essentiel. J’ai juste envie d’aller près de ce petit garçon et de communiquer avec lui. Alors je prends une balle orange et m’approche de lui, une main s’approche lentement, elle touche la balle, l’enfant sourit. La deuxième main se rapproche, son sourire s’élargit, bravo ! C’est super ! Lentement son regard viendra se plonger dans le mien, ses yeux sont pleins d’émerveillement, je lui parle doucement, il me répond par des petits rires, tout doucement, très tendrement...
Je ne vois plus son handicap.
Je suis simplement avec un petit garçon plein de promesses de vie.

Claire

Des poussins nous font la fête

 

Pendant l'installation du piano pour le concert à la galerie Mustapha Ali, nous partons faire quelques pas. A peine après avoir tourné le coin de la rue, un jeune garçon de dix ans se présente à nous et nous montre la pousse d'arbre qu'il tient à la main et qu'il est chargé de faire grandir, grandir... Le symbole est aussi fort que son grand regard brun. Alors qu'il s'éloigne, une femme, depuis son balcon situé juste au dessus nous invite naturellement à prendre le café. Trois enfants jouent dans la maison, des poussins se promènent. Soudain une vieille femme apparaît, la mère du chef de famille qui vit avec eux. Regard tendre, douceur, dans un français appris à l'école mais toujours présent, elle nous accueille, traduit. Le café, les fruits secs, les concombres, les prunes vertes... rythment les échanges sur les religions, la vie quotidienne, l'histoire du quartier. Une famille catholique dans un ancien quartier juif devenu quartier palestinien. Un sentiment domine : celui de se saluer, de vivre les uns avec les autres, les uns à côté des autres. Malgré nos insistances ils ne viendront pas au concert faisant signe qu'ils ne sont pas coiffés, habillés... Nous retournons leur dire au revoir, ils insistent pour que l'on reste manger, nous invitent à dormir, nous font promettre de revenir. Sourires, échanges, accueil, portes grandes ouvertes, cœurs connectés... et dire que l'on ne se connaissait pas il y a deux heures à peine...
Retour insolite pour rattraper les Caravaniers dans les ruelles du vieux Damas au son de « Avez-vous vu passer un piano ? » « oui, c'est par là »

Isabelle Laure Alain

Terre des hommes – Tesni

A Damas, dans un centre pour enfants handicapés « Terre des hommes », j’ai fait une rencontre inoubliable. Tesni, une petite fille de 7 ans environ, était dans les bras de sa maman. Nous sommes entré en relation l’une et l’autre par l’intermédiaire de mon tambourin. Plus qu’en relation, nous nous sommes rencontrées elle et moi. Je pouvais lire dans ses yeux la joie qu’elle avait de s’échapper par le biais de la musique et aussi sa force de vivre. Je constate une fois de plus que le handicap n’est pas un barrage ou une limite à partir du moment où je considère la personne dans son humanité, ce qui était le cas avec Tesni.
J’ai vu son âme dans ses beaux yeux noirs. Durant notre rencontre la mère de Tesni a elle aussi vécu cet échange avec émotion. Il y avait plein d’amour, c’était très fort avec elles deux.
J’ai beaucoup reçu lors de cette rencontre, elles aussi. Ouvrir son cœur nous amène avec l’autre à un niveau d’échange où parler la même langue, avoir la même culture n’est plus nécessaire, la rencontre se fait simplement. A la fin de notre échange, la maman de Tesni m’a remerciée, et bien évidemment j’en ai fait de même.

Catia

Parlez-moi d’amour

Le Caravamoureux du jour : Eric, 33 ans, ingénieur en électronique à temps partiel, photographe-poète, musicien timide. Vit au bord du Vercors, entre Grenoble et Valence.

- Ce qu’on a fait de plus beau par amour pour toi
- Désirer ma conception.

- Ce que tu as fait de plus beau par amour
- Vivre.

- Quel est pour toi le symbole de l’amour ?
- Deux mains enlacées.

- Une phrase que tu aimes tout particulièrement
- « Tout peut être créatif, c’est vous qui donnez cette qualité à l’activité [...] Quand vous nettoyez le sol avec Amour, vous réalisez une peinture invisible » (Osho « Créativité »)

- Ce qui t’a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse
- Transformer les rocs des préjugés en sable et voyager avec les coquelicots au bord des champs.

 

Les bras des mamas
Forteresses de douceur
Enlacent et délassent

Isabelle