27ème Jour - Mardi 11 mai - Syrie - Qârah - Mar Moussa -Saadnaya(Damas)

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27ème jour - 11 mai

English Corner

Tuesday, May 11th
From Qârah to Saadnaya(Damas- Syria)
Peaceful atmosphere in this holy site.
Silent walk in the moutainous desert, up to Mar Musa Monastery.
Night in Mar Tuma Monastery

27ème jour - 11 mai Syrie- Qârah - Mar Moussa -Saadnaya(Damas)

La profondeur du silence qui règne au sein du monastère de Qârah a permis aux Caravaniers une nuit réparatrice :


Aquarelle de Guy

certains ont dormi dans les chambres ascétiques du monastère, d'autres à la belle étoile en haut de la tour, ou encore dans le jardin monastique. Nous commençons notre journée dans un état de calme et de recueillement, par une conversation collective au sujet de " l'après Caravane " : nous vivons des choses intenses depuis notre départ. La beauté de l'expérience d'hier soir, à l'université, contribue à ces réflexions, et nous interpelle. Certains Caravaniers ont la sensation qu'à leur retour, ils ne pourront pas reprendre le fil de leur vie comme avant. La Caravane est l'expérience de l'amour en acte. Pourquoi cela devrait-il s'arrêter à notre retour ? Comment aller plus loin encore ? La question reste en suspens, mais la discussion invite chacun à y réfléchir.

 

Mère Agnès-Maryam nous rejoint ensuite pour échanger au sujet de son parcours de vie, de sa foi, de l'amour. Elle évoque le Désir, ce à quoi nous sommes appelés, et les vicissitudes de la vie. Le pécher, selon elle, n'est pas faire quelque chose qui serait jugé mal, mais le fait de " trébucher ", c'est-à-dire de sortir de l'évidence du chemin qui est le nôtre.
En quittant le monastère, nous témoignons notre gratitude à Mère Agnès-Maryam et aux soeurs vivant dans le monastère pour leur merveilleux accueil. Nous sommes conscients du cadeau que nous venons de recevoir.

Durant l'après-midi, nous nous mettons en route pour le monastère de Mar Moussa.


Les bus nous déposent quelques kilomètres avant l'orée du monastère,



afin que nous entamions une marche dans le désert.


La terre se découvre devant nous dans toute sa nudité. Dans cette région, dit-on, Jésus est venu, accompagné de son ami Jean-Baptiste.




Le monastère, abandonné vers 1831, fut restauré par un jésuite italien au début des années quatre-vingt, le Père Paolo Dall'Oglio. Il y réside encore. Le site est un lieu de spiritualité depuis vingt siècles. Il accueille maintenant dans la citadelle des hommes et des femmes. Les prières chrétiennes sont en langue arabe et Dieu s'y nomme " Allah ". Nous retrouvons dans cette démarche celle de notre caravane amoureuse : ne pas circonscrire les choses dans des catégories, mais les embrasser dans leur ensemble, en un seul élan. Les relier.
Le monastère se révèle au fur et à mesure de notre marche, juché à flanc de montagne. C'est un nid d'aigle.

Sa position me rappelle les châteaux Cathares et les monastères tibétains. Après note ascension, nous sommes accueillis par un splendide paysage (on voit la vallée dans son ensemble) et par le Père Dall'Oglio pour un goûter fait du fromage des chèvres du monastère et de la confiture d'abricot. Il nous dit que cette année la récolte a été bonne. Ici, la terre, comme au précédent monastère, est ocre et argileuse. Son aridité n'est qu'apparente. Il suffit d'un peu d'eau, et elle donne des cultures extraordinaires. Comme chez l'homme, en fait...

Ancienne chapelle, au sein du monastère, datant du 10ème siècle, avec ses fresques couvrant trois périodes différentes, restaurées grâce à l'initiative du Père jésuite Dall'Oglio.

Céline Isoird.

Instantanés

Propos de Mère Agnès Maryam

 

Elle voit dans les caravaniers des apôtres modernes. Trop de murs existent encore, à nous tous de les transformer en pont par notre coeur. Chacun porte les semences du verbe. Elle évoque la porte des responsabilités pour incarner cette spiritualité en acceptant notre condition faite de chair. La convoitise rend esclave, l'égo déforme et récupère tout. Le seul chemin à emprunter est celui de l'amour, pour agir en conscience de ce qu'on a reçu et offrir ce qu'on a de mieux à l'autre. En cette veille d'ascension, elle nous appelle à nous élever et à être nous même, pour rayonner à partir de soi ... et se relier comme les perles précieuses d'un unique collier.

Estelle.

 

Vincent,

Je suis en ce moment même dans le potager, du monastère Mar Yacob à Qârah en Syrie. Aujourd'hui nous avons tous eu une pensée pour toi. Je prends ma plus belle plume pour matérialiser celle-ci, que je t'envoie d'un lieu magnifique et magique. Un lieu où le matériel prend une tout autre dimension. Nous sommes arrivés au " Centre " de notre voyage. Nous nous trouvons pile à l'endroit où nous devons être puisque ce monastère nous " impose " un temps de repos et de centrage nécessaires avant de reprendre la route. Alors, ici même nous partageons cet instant avec toi.
A tous nos fous rires...
Je t'embrasse fort, à tout bientôt.

Catia

 

Parlez-moi d'amour

 


La Caravamoureuse du jour : Claire, 47 ans. Vit près de Nantes (Loire Atlantique). Informaticienne.
Ses centres d'intérêt : " Etre en relation avec tous ceux qui m'entourent, en priorité avec mes trois enfants. Saisir le regard, le sourire de quiconque croise mon chemin. Vivre chaque instant comme un cadeau, les mains sur le clavier du piano, ou dans la terre du jardin. Nager, danser, marcher... "

- Ce qu'on a fait de plus beau par amour pour toi
- Me donner la vie après une sœur et un frère qui m'ont toujours aimée inconditionnellement.

- Ce que tu as fait de plus beau par amour
- Donner la vie.

- Quel est pour toi le symbole de l'amour ?
- Une flamme qui illumine.

- Une phrase que tu aimes tout particulièrement
- " Même lorsque les nuages sont gris, rappelle-toi que le soleil brille toujours quelque part ".

- Ce qui t'a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse
- " C'est une combinaison de plusieurs paramètres. J'ai d'abord été touchée par l'humanisme de Marc, puis j'ai découvert une dimension inconnue dans sa musique qui a complètement bouleversé ma relation au piano. Son parcours et ses voyages me fascinent, je n'aurais jamais imaginé, moi, participer à une telle aventure. C'est ma fille, très attirée par la découverte du monde, qui m'a donné l'impulsion de tout mettre en œuvre pour nous joindre à la Caravane amoureuse, elle et moi... "