26ème Jour - Lundi 10 mai - Syrie - Alep - Monastère de Qârah

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English Corner

Monday, may 10th

From Alep to Mar Yakub Monastery – Qârah - Syria

Mar Yakub Monastery, 2000 years old isolated in the Syrian desert, located at 90 km from Damas.
Five sisters of the Antioche christian congregation opened their door, their heart to every Caravanes. Five sisters leaded by Mother Agnes-Maryam, a former hippy of the seventies, a beautiful soul, simple, loving, deeply rooted.
Sharing magic moment : mass, lunch and silence with a group of belgian people. Invited by the new Kalamoon University of Qârah, the Caravaners and Syrian students dansed, joked, laughed and talked about the new emergence of the awareness.

26ème jour - 10 mai- Syrie - Alep - Monastère de Qarah

Le fil et les perles

La Caravane amoureuse quitte Alep très tôt pour prendre la direction de Qârah.


En fin de matinée nous arrivons au monastère Mar Yacub dont les origines remontent au 4ème siècle.


Nous sommes accueillis par Sœur Claire-Marie.
Elle nous explique que ce lieu fut aussi un temple païen dédié à la lune comme l’atteste son orientation. Ici vivent 5 sœurs, le couvent faisant partie de l’Unité d’Antioche. Sœur Claire-Marie explique que Mère Agnès-Maryam, la mère supérieure et elle même sont carmélites.
Lorsque Marc vient la saluer et qu’elle découvre qu’il est pianiste, ses yeux pétillent de joie, « vous êtes de ce métier dont j’ai toujours rêvé ». Marc lui promet qu’elle saura jouer du piano avant le départ de la Caravane.


Avant le déjeuner, nous serons rejoints par Mère Agnès-Maryam, née d’un père palestinien et d’une mère libanaise. Elle nous fera le lendemain un poignant condensé de son existence qui a été tout le contraire d’un long fleuve tranquille. Avant de rencontrer Dieu et d’entrer au Carmel à l’âge de 21 ans, elle s’est livrée par désespoir à une longue entreprise d’autodestruction, consommant du cannabis et du LSD. « J’avais brisé ma vie sans retour » confiera-t-elle. « Votre langage est universel, prenez conscience que ce que vous faites vous porte plus loin que ce que vous avez prévu » tel sera son message à l’attention des Caravaniers. « Vous pouvez aider à mettre en contact le fil et les perles, les perles les plus diverses mais avec un seul fil ».

Dans l’après-midi, une messe est dite par un prêtre belge venu ici avec une douzaine de compatriotes, Marc intervenant de temps à autre au piano.

Un autre concert aura lieu en fin d’après midi à l’université de Kalamoon.



Mère Agnès-Maryam, venue partager un bref quatre mains au piano, y révélera de réels talents de musicienne. « Tout le monde peut créer et être un artiste extraordinaire », répétera Marc. Un jeune Syrien, brillant joueur de derbouka, viendra improviser avec lui. Ce sera le déclencheur d’un beau et long moment de communion entre les Caravaniers et les étudiants syriens, la musique et la danse servant de fil conducteur. On verra même les garçons se lancer dans une imitation des danses de femmes. Un petit moment de divertissement pour ces jeunes Syriens. Un signe d’ouverture aussi.

Hervé

Instantané.

Improvisation à quatre mains.

Marc termine son concert à l’université de Kalamoon et comme souvent propose une ballade à quatre mains sur son piano à une personne de l’assemblée. Mère Agnès Maryam est cette fois à l’œuvre.


La première main est celle de ces deux artistes, d’un jour ou de toujours, égrainant des notes balancées de silences.
La deuxième main est celle qui semble venue d’en haut quand l’harmonie des sons et silences vibre et me traverse, s’unit à ma propre vibration. Bref instant frémissant et caressant.
La troisième main est alors celle, fragile, de Yanaé, un an. Elle suit alors l’inattendu vol d’un jeune moineau qui comme porté par cet air, descend légèrement du ciel, devant elle, et moi, pour se poser à même le sol, contre la bordure. Moment surprenant et rare.
La quatrième main est alors la mienne, posée sur mon cœur qui s’est accéléré de l’émotion de ces quelques secondes de grâce, imprégnant ainsi jusque dans mon sang, une nouvelle fois, le fragile et le merveilleux de la vie.
Je regarde les yeux de Yanaé et j’y vois aussi le regard d’un enfant qui se reconnaît.

Vincent

 

Témoignage

Belle rencontre au monastère de Qârah

Arrivés à notre lieu d’accueil, la Mère Agnès-Maryam, supérieure de la « communauté de l’unité d’Antioche » nous confie à Sœur Claire Marie avant de continuer sa conférence à un groupe de Belges...


Et j’ai la grande joie de découvrir que celui qui a amené ce groupe en ce lieu n’est autre que Sébastien de Fooz, pèlerin belge, auteur du livre « A pied à Jérusalem, 184 jours, 184 visages » (édité chez Racine). Il y retrace son périple tant extérieur qu’intérieur, à travers les péripéties du chemin et les multiples visages approchés. L’occasion nous est donnée de l’entendre nous conter quelques épisodes qui lui ont valu de vivre des moments de joie profonde, de découragement, d’épuisement même, d’éblouissement aussi et des rencontres fabuleuses telles que ce monastère et son énergie d’unité. C’est ici tout particulièrement, loin de la ville sainte de Jérusalem, qu’il a trouvé la paix et l’amour. Il y revient souvent tel une boussole « aimantée » et il conduit des personnes en quête de la source. Il se propose d’organiser une marche pour la paix en 2012, entre Bruxelles et Jérusalem. La Caravane amoureuse et la marche ont un langage commun : l’amour, et ce lieu sacré nous a permis d’en prendre conscience. Mère Agnès-Maryam en a été l’artisan rassembleur.
Peut-être verrons-nous une suite à cette rencontre en unissant nos deux dynamiques dans cette marche future.

Michèle

 

Parlez-moi d’amour




Le Caravamoureux du jour :

Yves
, 52 ans, militant pour la famille (conseiller conjugal). Déroule des FIL (Festival Interceltique de Lorient) sa passion : la relation humaine et tout ce qui va avec. « Mon outil principal pour la vivre, c’est mon bateau, un catamaran nommé Skuld, que j’ai construit. Son nom vient de la mythologie grecque. C’est l’entité qui préside au destin des hommes, le passé, le présent et l’avenir à la fois. Ce bateau c’est un outil relationnel très fort. Il me permet d’accueillir des personnes de toutes conditions : des handicapés, des familles, etc...

- Ce qu’on a fait de plus beau par amour pour toi
- Quand j’étais adolescent, ma mère m’a proposé de rendre service à une personne handicapée, atteinte de sclérose en plaques. C’était à Paris. Il s’agissait de l’aider chaque soir à se coucher. J’ai pris cela comme un cadeau. Cela m’a ouvert les yeux à la grandeur de l’être et au sens de la vie qui est dans la qualité des relations et non pas dans des compétences, dans des performances. Cela a sans doute déterminé la suite de ma vie.

- Ce que tu as fait de plus beau par amour
- Le regard bienveillant que je porte chaque jour, en me levant sur les êtres qui m’entourent et qui nous permet de grandir ensemble.

- Quel est pour toi le symbole de l’amour ?
- La beauté de la création offerte à l’humanité.

- Une phrase que tu aimes tout particulièrement
- « Danse la providence, riche des différences ». L’auteur de cette phrase ? C’est moi tout simplement.

- Ce qui t’a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse
- La Caravane amoureuse, c’est d’abord une aventure intérieure. Ensuite elle permet d’aller à la rencontre des autres et de vivre une relation humaine et gratuite avec des pays de cultures et de religions éloignées des nôtres.