24ème jour - Samedi 8 mai - Turquie- Adana - Iskenderun

argaiv1123

 

English Corner

 

24ème jour - 8 mai - Adana - Iskenderun – Turquie

Et la Caravane passe...



Journée de repos

Le petit déjeuner nous est offert et apporté « presque » au lit par nos hôtes d’hier soir.



Route à la recherche de la mer, arrêt dans la ville d’Iskenderun pour le déjeuner sur un marché où ne restaient que quelques maraîchers.



Invitation spontanéé à partager le repas



un pont entre les cultures et les générations

 

 

 



Moment d'échange après avoir dégusté leurs produits



Mer à la sortie de la ville avec baignade, internet à l’hôtel proche et bivouac possible.
Les Caravaniers profitent de l’eau, appréciée, après ces jours de disette.
Feu de bois avant la nuit qui voit fleurir les tentes et les couchages à l’hôtel mille étoiles...

Michèle

Retour sur les moments d'émotion partagés avec les turcs

La caravane amoureuse a passé 8 jours en Turquie où elle a vécu d’innombrables moments d’émotion, d’échanges et de partage. Marc Vella revient sur les moments forts de notre séjour turc et dresse le bilan de la caravane 2010 à mi-parcours.

- Marc, quelles impressions t’a laissé le passage de la Caravane amoureuse en Turquie où elle a séjourné du 1er au 8 mai ?
- J’ai été frappé par ce décalage entre ce que les médias en France nous livrent de parfois violent sur la Turquie. C’est en fait un pays très évolué, aux infra structures comparables aux nôtres, parfois même meilleure. Pour moi qui n’étais jamais venu dans ce pays, ce fut une découverte complète. Je ne m’attendais pas à rencontré des gens si gentil, chaleureux, avoir autant de liberté dans les rues, des hommes et des femmes marchant ensemble, des femmes très féminines. J’ai senti en Turquie un islam présent, mais chaleureux, généreux. Même dans les commerces, les gens avaient avant tout le sens de l’humain et de l’hospitalité.

- Le pianiste que tu es, a-t-il éprouvé des sensations du même ordre sur le plan musical ?
- La Turquie est au carrefour de l’Asie et de l’Europe. Dans le domaine de la musique, on y trouve donc fatalement une ouverture et une capacité d’improvisation exceptionnelle.

- Tu songes à Bülentsenol, ce saxophoniste qui a croisé notre route par hasard dans un quartier d’Eskisehir ?
- Par exemple. Ce jour là il y a eu un moment de souffle, de grâce qui a soulevé tout un quartier. On a senti qu’il y avait dans l’air une joie profonde, quelque chose de très puissant. Il y a eu de vraie rencontre entre les caravaniers et les habitants.

- Quels autres moments forts garderas-tu en mémoire ?
- Cette soirée à Adana dans la maison pour personnes âgées, le symbole pourrait en être celle du paralytique qui marche. Il y a eu aussi ce déjeuner offert par le maire de Kartal, Monsieur Altinök Öz, sur la terrasse d’un restaurant de grand luxe. L’accueil reçu était digne de princes, de rois. Je ne l’oublierais jamais.

- Tu as aussi vécu un grand moment d’émotion en Cappadoce….
- Un vrai moment de grâce ! C’était une immense joie, une sorte de privilège, de jouer une musique improbable dans un lieu impossible ; installer le piano au bord de la falaise de Gôreme, face aux habitations troglodytes, à un canyon et à un volcan culminant à 4000 complètement enneigé. Tout cela n’était absolument pas programmé. et le lendemain matin en écoutant l’enregistrement de ce que j’avais joué dans ce lieu, j’ai pleuré. C’était la première fois que je pleurais en écoutant ma musique. Je me suis demandé : d’où ça vient ? mais qui joue ? De cet enregistrement, j’envisage de faire un CD.

- Pour finir, quel bilan dresses-tu de cette caravane 2010 à mi-parcours ?
- C’est un voyage exceptionnel avec une qualité et une intensité incroyables. A chaque jour sa joie. C’est incroyable de richesse et de variété. Le matin on peut être à la mer, l’après midi à la montagne et le soir en ville. Quant au groupe, il est super. On est tous confrontés à nos propres limites, mais il nous est demandé de les dépasser chaque jour, à tous les niveaux, d’être à l’écoute. La Caravane a rempli sa mission. J’espère à présent que le film que sont en train de réaliser Stéphanie et Cyrille pourra vraiment voir le jour. Le seul succès que j’espère pour lui, c’est qu’il amène les gens à porter un autre regard sur l’humanité, à abandonner leurs à-priori, leurs préjugés, à comprendre que ce monde on le construit ensemble. Je rêve que chacun comprenne que la personne qui est en face de lui, même si elle est différente par sa culture et ces croyances reste une personne magnifique, bouleversante de beauté.

Propos recueillis par Hervé.

Cartes postales de Turquie

Quatre caravaniers nous livrent leurs impressions après une semaine en Turquie.

Guy : « L’accueil en Turquie, un diadème »
Chaque lieu d’accueil, comme autant de pierres précieuses, pour former un diadème. Nous étions au cœur du diadème. Kartal, Istanbul, Eskisehir, Ankara, Göreme, Adana : autant de souvenirs si doux ! A l’exemple de ce saxophoniste apparu à son balcon pour dialoguer avec le piano et les percussions et qui nous accompagna le jour suivant. A l’image de la volonté municipale d’Eskisehir de rendre l’art et la culture accessibles au plus grand nombre et d’associer l’esthétique aux bâtiments publics en coloriant, par exemple, les trottoirs. Comment oublier Göreme en Cappadoce, ce concert improvisé au pays des fées et tous ces bouquets de musiques, de sourires et de magie partagée ? Et ce bain turc réparateur, comme une bénédiction !
Bravo et merci, le Turquie !

Jean P : « Je ne voyais pas la Turquie comme ça »
Je ne voyais pas la Turquie comme ça. Je m’attendais à un pays très aride, alors que j’ai rencontré des paysages splendides. C’est aussi un pays très moderne. Je comprends mieux que les Turcs aient envie d’intégrer l’Union européenne.
Un souvenir : Jeannine et moi étions à la recherche d’une douche près de la plage dans les environs d’Iskenderun. En rentrant bredouille au campement, nous avons rencontré un monsieur qui nous a gentiment proposé de venir nous laver chez lui. Pendant que son épouse préparait la douche, il nous a apporté deux petits ramequins de riz au lait préparé avec le lait de leurs vaches qui broutaient dans leur champ juste à côté.

Stéphanie P. : « Elle avait besoin de tendresse »

« Quel accueil magnifique nous avons reçu ! Beaucoup de sourires, une facilité de contact. J’étais très touchée par ça. On est arrivé à avoir un échange avec des personnes dont on ne parlait pas la langue. Il y avait chez elles une grande curiosité vis à vis de ce qu’on faisait. J’ai aussi été émue par l’immensité et la variété des paysages, avec la Cappadoce, le lac salé de Tuz Gölu, sans oublier bien sûr Istanbul qui m’a toujours fait rêver.
Mes souvenirs marquants ? J’en citerai trois. D’abord cet extraordinaire saxophoniste d’Eskisehir. Une rencontre totalement inattendue. L’oreille attirée par le son, le regard qui se lève vers les hauteurs et puis ce saxophoniste sur son balcon qui nous rejoint dans la rue. Le charisme de cet homme était très fort. Dans cette même ville il y a eu un jeune garçon de 18 ans avec qui on a échangé sur l’humanité, sur l’amour dans le monde, l’ouverture à l’autre malgré la différence. En parler avec nous, ça l’a comme libéré. C’était peut-être des choses qu’il n’avait jamais dites. C’était comme un miroir qui lui était tendu. Enfin, je me souviens de cette femme de 30 ans assise dans une chaise roulante à Adana. Elle m’a invitée à m’approcher par son sourire, m’a prise par l’épaule. Elle avait besoin de tendresse. Après, Alain a enchaîné avec sa clarinette et Marc a repris au piano son rythme africain. »

Yves « La gratuité, c’est du don proche de l’amour »
« Pendant cette semaine en Turquie, c’est la gratuité qui m’a souvent frappé, dans l’accueil, dans les relations, dans les regards, et même dans les relations commerciales. La gratuité, c’est du don, proche de l’amour : on n’attend pas de retour. J’ai constaté aussi beaucoup de respect et de tolérance dans un pays assez conservateur. Les Caravaniers ont été accueillis tels qu’ils étaient, qu’ils aient les cheveux longs ou les cheveux courts. On est dans l’esprit de la Caravane amoureuse où on accueille, où on vit pour l’autre. On remplit notre mission grâce à eux. Le message, on le vit avec eux, ça se fait naturellement. Et ça c’est très riche. Concernant mes souvenirs marquants, je repense à la maison de retraite d’Adana, avec cette grand-mère qui s’est mise à danser, cet homme qui a joué de la flûte avant le repas. J’ai senti une grande liberté de laisser vivre la grâce de chacun. La liberté de l’exprimer, de la vivre avec les autres, sans chercher à savoir si l’autre est russe, français, catholique ou autre chose ».

 

Parlez-moi d’amour

La Caravamoureuse du jour : Béatrice. 40 ans, vit à Bordeaux, elle est consultante en ressources humaines. Elle aime le relationnel mais aussi la découverte artistique dans l’expression. Elle pratique le chant choral, le théâtre et danse le rock depuis cette année. Elle participe aussi à un groupe de travail en communication bienveillante, basée sur l’observation des faits sans jugement, l’expression et l’identification des émotions, l’expression des sentiments et une demande par rapport à une situation aussi bien heureuse que difficile à vivre.

  • Ce qu’on a fait de plus beau par amour pour toi
  • Mes amis et mes proches qui m’ont donné ma chance ou une deuxième chance quand j’avais des difficultés relationnelles ou du mal à prendre ma place et qui m’ont offert de l’espace.

 

  • Ce que tu as fait de plus beau par amour.
  • Etre avec.
  • Quel est pour toi le symbole de l’amour ?
  • Le souffle de vie (une bise, le vent, une respiration).

 

  • Une phrase que tu aimes tout particulièrement
  • « Do not ever criticize yourself» (ne jamais se critiquer, respecter ce qu’on est : Louise Hays). « Heureux les amis qui savent être en silence ensemble » Mark Twain. « Arrêtez de dire du mal de vous, on pourrait finir par vous croire » Edgar Faure.
  • Ce qui t’a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse
  • Le besoin et l’envie d’une pose dans un quotidien, de découvrir, d’explorer, d’essayer, de partager et d’expérimenter tout cela dans un autre cadre, avec d’autres personnes. La Caravane amoureuse rompt les habitudes. J’ai aussi voulu me tester dans mon rôle de femme, d’amie, dans différents registres, avec des repères différents. Je n’avais jamais fait ça en groupe. Je suis plutôt solitaire même si entourée.

 

Matin

« Voyage
Voir encore plus loin
Une porte s’ouvre
Une journée pour aimer »

Guy

 



Aquarelle de Guy

Le pas sage étroit
La main n’en fait qu’à sa tête
Et trois n’est pas d’eux.

La règle de trois
En toi trouvera ta voie
L’inconnu t’est toi.

Catia, Sophie et Jean B.