23eme jour - Vendredi 7 mai - Turquie - Goreme - Adana

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English Corner


Friday, May 7th

From Göreme to Adana

AMAZING Sunrise in Cappadocia's nature, with a gorgeous lnandscape pulled by beautiful and colored montgolfière balloons..

Encountering with elderly people in Adana organized by the director of alliance française Aydn Önen involved himself in création of this center.
Piano concert, danses, farandoles, old and less old people together sharing an a bath of youth..

23ème jour - 7 mai - Turquie -Goreme - Adana

Adana, 7 mai 2010.

Retrouver la jeunesse passée…

Départ de la Cappadoce, réveil devant cette immensité, lever du soleil en même temps que, de la vallée, s’élèvent des montgolfières, moment enchanteresque.
En route, direction Adana où nous sommes attendus en fin d’après-midi pour rencontrer les résidents d’une maison de retraite.
Dès l’arrivée, l’accueil est plus que chaleureux, sourires et bisous sont au rendez-vous.
Nous sommes invités à visiter les ateliers de confection : tissage traditionnel, bijoux, modelage, et sommes admiratifs devant le raffinement du travail réalisé.
A l’extérieur, spontanément, un résident improvise avec sa flûte et nous fait danser.

Caravaniers et résidents se rencontrent en musique, les derboukas sont de sortie et les airs traditionnels reviennent en mémoire. Les femmes s’en donnent à cœur joie avec les « you-yous ». Une ronde s’improvise.
Après le repas offert vient l’heure du concert.


Il est 20 heures, le piano trône sur une cour goudronnée au pied de l’immeuble. De nombreuses chaises sont installées, en cercle tout autour. A l’extérieur, un bruit assourdissant monte. Parmi les caravaniers quelques inquiétudes se forment : n’est-il pas trop tard pour les résidents habitués au coucher tôt ? Ce bruit (on apprendra plus tard qu’il s’agit des festivités d’un mariage) va-t-il laisser de la place à nos mélodies ?
Mais, peu à peu, tous les résidents arrivent lentement prendre place, à pied, en déambulateur, ou en en fauteuil roulant, les pas sont parfois fragiles, les jambes usées.
Au piano, Marie-Astrid entame « Jésus que ma joie demeure » de J.S. Bach. Nos hôtes écoutent en regardant le ciel étoilé.
Marc enchaîne, les sons surprennent. Christine, tout de violet vêtue, se déhanche et élance son large voile.

Puis, une caravanière ose, timidement, l’invitation à danser à son voisin, qui se lève et se laisse aller sans penser. Il n’arrêtera pas de la soirée.


Très vite, d’autres invitations se font et les corps retrouvent sans tarder les rythmes connus dans la jeunesse passée.

L’âge, il n’y en a plus, de maladies non plus.

Même en fauteuil, les bras se meuvent et encerclent.



Tout à coup, un cri de joie perce : BRAVOOOO !. Une petite femme fluette à la tête couverte de son foulard de musulmane, toute voutée, toute ridée, arrive d’un pas décidé droit vers le piano. Elle semble être la doyenne des lieux. Et voilà qu’elle se déhanche, et voilà qu’elle chante, et voilà qu’elle entraine tout le monde dans la danse. Et c’est parti pour une soirée, rythmée, bisoutée, chaleureuse à souhait et plus encore. Le muezzin appelle à la prière. Marc s’en imprègne, et Cathy, de sa voix douce et profondément mélodieuse lui répond et appelle à la lumière.

 

Les retraités, on ne peut plus les arrêter ! Il en faut peu pour que les visages s’éclairent, et les corps vibrent de joie.
Il est plus de 23 heures, les adieux sont longs. Une dame me glisse au creux de l’oreille « Nous voulons vous revoir », et ce sont des au-revoir à n’en plus finir…
Laurence

 

Certains résidents n'ont pas pu se rendrent dans la cour et assistent depuis leur balcon sous le regard tendre du personnel, au concert.

 

Au cours de cette soirée les rencontres entre caravaniers et résidents sont magiques et nombreuses. En voici quelques témoignages :

 

 

 

 

 

Charlou, pour sa dernière soirée caravanière a offert une magnifique chanson occitane.

Un résident, flutiste, a joint sa musique à celle de Marc.

Un peu plus tard, une jeune fille rythme l'improvisation d'Alain et Marc.

Instantané

Elle écoute attentivement assise sur sa chaise au premier rang. Son déambulateur, elle le tient juste devant, rassurant. Je m’approche tout doucement, lui tend les mains. Les bras liés forment un premier mouvement qui lui donne envie de se lever. Alors, le déambulateur nous sert d’appui pour oser les premiers pas, et entrer dans le cercle dansant. On se regarde, on se sourit. Elle ose alors écarter ce qui lui sert de tuteur et met ses deux mains sur mes hanches, confiante. Ainsi, ce n’est pas un, ni deux, mais trois tours de danse qu’ensemble nous avons avec une joie d’enfants, partagés tout simplement.
Laurence

 

Interview
« L’amour, c’est la plus belle chose du monde ».

C’est ainsi que parle Monsieur Onen, pharmacien, svelte, habillé avec soin, probablement notable du coin, président de l’Alliance Française à Adana, qui nous accueille et amène à la Maison de retraite.
Ce lieu, il l’a créé il y a 40 ans avec un cercle d’amis pour aider les personnes âgées à vieillir dignement dans un lieu accueillant. Le gouvernement en soutien désormais le fonctionnement. Les 225 résidents, principalement aux faibles revenus et ayant peu de famille, ne payent que 350 liras (175 euros) par mois.
Monsieur Onen a aussi assuré la présidence du Rotary Club, et de la Ligue contre le cancer.
« Travailler pour les êtres humains, c’est mon plus grand plaisir. Il faut mettre de l’amour dans toutes les choses que l’on fait », dit-il.
Concernant la caravane amoureuse, il exprime, en français, les mots suivants :
« Cette création est une grande chose, c’est un projet très estimable. Je vois une grande amitié entre vous. Vous avez de la facilité à aller à la rencontre des gens. Vous êtes vraiment plein d’amour, c’est formidable ».
En présentant la soirée devant les résidents, il leur explique que le projet de la caravane amoureuse est de rencontrer les personnes dans la paix et dans l’amour pour promouvoir celui-ci comme ciment entre les gens. Il indique que les personnes du groupe de la caravane ont quitté leur vie quotidienne pour entrer en communication avec l’humanité.
Si notable il est, il en est devenu noble.
Laurence

Parlez-moi d’amour


La Caravamoureuse du jour : Jeannine, née en 1941. Vit à Villeneuve-les-Avignon. « A chaque changement de cap de mon existence, il y a eu un Villeneuve : Villeneuve-le-Roy, Villeneuve-Saint-Georges... J’étais prof d’espagnol, mais j’ai pris ma retraite anticipée en 1995 pour travailler sur l’accident, auprès de jeunes en difficulté d’abord, puis des adultes, par le biais de l’association Pas à Pas ».

- Ce qu’on a fait de plus beau par amour pour toi
- Me transmettre ce don précieux qu’est ma vie.

- Ce que tu as fait de plus beau par amour
- Mettre au monde une deuxième fois ma fille Cécile, en traversant auprès d’elle son coma, lorsqu’elle avait 16 ans, suite à un accident de la circulation. Vivre en somme avec elle chaque instant de sa résurrection. Cécile est aujourd’hui directrice d’une maison de retraite à Marseille dans laquelle il se passe des choses fabuleuses.

- Quel est pour toi le symbole de l’amour ?
- Le mot amour recouvre tellement de qualités différentes qu’il faudrait un symbole pour chacune. Ce qui me vient d’abord à l’esprit c’est la relation homme-femme. Le symbole que je choisirai donc, ce sont les yeux de Jean et leur transparence, à l’aube d’un matin d’avril 1976.

- Une phrase que tu aimes tout particulièrement
- « On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux», Saint Exupéry.

- Ce qui t’a donné envie de te joindre à la Caravane amoureuse
- Dans tout ce que j’ai traversé dans ma vie, l’amour a toujours été présent. La Caravane amoureuse fait partie de ma recherche : rencontrer des populations dans le monde, à travers une forme de vie communautaire. Les notions de musique, de spectacle, de fête qui venaient s’ajouter ont aussi été un élément important de mon choix.

 

Instantané

Bout de quotidien

Je rentre dans la maison de retraite et avant même d'avoir compris comment, suite à un "merhaba" (bonjour) je me retrouve invité dans la salle de télé où une vingtaine de vieux messieurs à la prestance et au regard forts de leur expérience de vie, regardent le journal télévisé. Un thé m'est servi et nous partageons ce moment naturellement, commentant les nouvelles par des gestes, des expressions échangées...comme je pouvais le faire avec mes grands-parents.

 

Isabelle

 

Moment de grâce

A la maison de repos, les tambours du mariage voisin se reposent un instant, Marc vient de terminer un morceau, le public et les Caravaniers attendent la suite. Voilà que de la mosquée du lieu, s’élève le chant du Muezzin, très proche, très fort !
Un instant, tout s’arrête et aussitôt, Marc improvise au piano une musique qui s’entrelace dans les paroles coraniques psalmodiées. Sacrilège ? Blasphème ? Non ! Mes deux voisins, deux beaux vieillards approuvent. L’un tient sa canne en main, l’autre égrène son chapelet, mais tous deux me font signe que c’est bon quand je relie chant religieux et musique de Marc. Après l’appel à la prière, Cathy entonne un chant qui lui répond, sans parole, mais tellement parlant. Elle donne ainsi à entendre la part féminine du divin, autre expression de l’Etre. La grâce s’est installée un moment !

Michèle

 

Ils sont là ! Avec leurs cannes, leurs fauteuils roulants, en chaussettes, en bas de laine...
Mes pas m’ont dirigée vers une mamie.
Ses yeux ont vu mon regard. Nous nous sommes souri, mes mains vers elle... Mes bras et mon corps ont suivi, son corps aussi.
Petits pas de danse, tout en tendresse. Mon cœur se fait entendre (en tendre), légèreté de l’instant, la musique nous absorbe, des couples, des farandoles autour de nous : ça vit, nous sommes vivantes, si vivantes toutes les deux. Nos pieds se soulèvent, petits déhanchements, regards complices, un moment intense : tout à coup une grande émotion, des larmes de bonheur ! J’inspire, j’expire, j’inspire, j’expire...
Une autre danse : elle m’a tant donné...
Ils m’ont tout donné...

Christine

Rendons grâce aux moments de grâce

Adana côte sud de la Turquie, rendez-vous en fin d’après-midi à la maison de retraite.
Concert de Marc prévu à 20h. Entre temps repas pour tous les Caravaniers. Je n’ai pas faim. Je prends juste une orange. Je m’assois sur un petit banc. Une allée, des fleurs, des maisonnettes. Des personnes âgées vivent là. Une grand-mère me fait signe d’approcher. Sourires, on s’embrasse. Elle m’invite chez elle. Intérieur coquet : il y a plein de fleurs. Elle me parfume les mains à l’eau de Cologne, m’offre des chocolats, me prépare un café. Plus surprenant ; elle me montre deux dessins, deux cercles avec des tâches de couleurs ; ça ressemble à deux fleurs. Deux phrases en français « Je peins le mot Amour dans toutes les couleurs sur les murs du monde ». Les lettres reprennent les couleurs de l’arc en ciel. L’autre phrase parle de l’instant présent. Nous échangeons : j’enrichis mon vocabulaire turc, elle ne viendra pas au concert ce soir parce qu’elle est fatiguée, elle a deux enfants, deux petits-enfants... Nous ne parlons pas la même langue ; nous nous comprenons pourtant.
Je lui montre « Nazar Bocik », ce petit oeil porte-bonheur que je porte. Elle est touchée, elle m’en offre un deuxième. Je suis touchée moi aussi. Que lui offrir ? Je suis venue les mains vides, alors je lui caresse tout doucement les mains.
Une jeune fille arrive, c’est l’heure du concert. Nous nous étreignons.
Je pensais la revoir le lendemain ; la Caravane a poursuivi son chemin...

Patricia

Haïku Goreme

Soleil en miroir
Goûte cette tendresse
Une main cuivrée
Marie Astrid

Petits pavillons
Pour de si belles personnes
Couleurs chant d’oiseaux

Guy